Trop beau pour y voir

Jeudi 28 et vendredi 29 mars à 20h

La pièce explore l’histoire du chlordécone, pesticide utilisé aux Antilles dans les bananeraies jusqu’en 1994, alors qu’il est interdit aux États-Unis depuis 1975 et sur le reste du territoire français, et classé comme cancérigène probable par l’OMS depuis 1979.
On suit la famille de Lyne, une ouvrière agricole guadeloupéenne, qui se rassemble pour la veillée funéraire et l’enterrement de Josuah, le fils de Lyne, mort d’un cancer de la prostate. Différents tableaux se tissent en parallèle, mythiques, inventés ou historiques, pour explorer depuis Adam et Eve les choix collectifs qu’on a fait par rapport à l’agriculture et aux pesticides, et qui nous ont menés ici. À cet enterrement.

 

EXTRAIT

LAURENT. – Je suis un agriculteur avant tout, Jacques. Tu comprends, un agriculteur. Et j’aime ma terre, j’aime mes terres. J’aime chaque parcelle de ma terre. Tu crois que j’irais volontairement empoisonner ma terre. Depuis que je suis né, je vois mon père faire ce travail. Et ses pères avant lui. Cette affaire, c’est une affaire de famille. Il faut nous faire confiance.

BERNARD. – Comme nous on t’a fait confiance. Tu te souviens.

LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE. – Je me souviens. Mais on n’est plus dans les années 50. Maintenant les gens posent des questions. Ce qu’ils mangent, les produits. On en parle à la télé.

BERNARD. – Putain Jacques. Cette filière agricole n’a pas besoin de se faire chier dessus par des écolo-bobos. Ils savent pas ce qu’on vit. C’est une vie de travailleurs, une vie de sacrifices, une vie sans vacances, une vie de grande responsabilité. On peut pas se permettre de se tromper, jamais. Mai on fait ça pour qui, pour quoi ? Pour nourrir les Français, Jacques.

LAURENT. – Je travaille 12 heures par jour. Je les connais moi, mes bananes et mes bananiers.

BERNARD. – Ecoute, Jacques, ce produit, moi, j’en boirais. Je boirai un verre de ce produit, là, devant toi, comme si c’était mon rhum. Pour te prouver que c’est ok. Regardes.

 

Lire, s’interroger, réécrire, réfléchir, relire, couper, faire entendre, déplacer, réécrire encore, proférer. C’est la dynamique entreprise de ces deux semaines d’ÉPAT (École Pratique des Auteur·ices de Théâtre) sur une pièce inédite. Un espace dégagé de tout enjeu de production pour s’interroger collectivement sur un projet d’écriture et ses résolutions scéniques. 

REVUE DE PRESSE

La 1ère, le portail des Outre-mer : « Avec une écriture à la fois touchante et hilarante, Béatrice Bienville pose sur la scène de théâtre un sujet important, que beaucoup découvriront. »

 

ENTRÉE LIBRE SUR RÉSERVATION
Sur la billetterie en ligne, au 01 42 55 55 50 ou par mail resa@theatreouvert.com

EN PARTENARIAT avec l’École du Nord – École Supérieure d’art dramatique (Lille)
AVEC LE SOUTIEN de la Région Île-de-France pour l’ÉPAT 
©Christophe Raynaud de Lage

Texte Béatrice Bienville
Mise en espace Jean-René Lemoine
Avec 16 élèves comédiens et comédiennes du Studio 7 (2021-2024) de l’École du Nord – École supérieure d’art dramatique (Lille) : Yassim Ait Abdelmalek, Félix Back, Poline Baranova Kiejman, Jessim Belfar, Clément Bigot, Sam Chemoul, Jade Crespy, Fantine Gelu, Ambre Germain-Cartron, Loan Hermant, Mohammed Louridi, Ilana Micouin-Onnis, Marie Moly, Chloé Monteiro, Miya Péchillon, Charles Tuyizere

 

La configuration de la petite salle ne permet pas l’accès aux retardataires.

Durée : 1h30
Petite Salle
Carte TO
Plein tarif Entrée libre
Tarif réduit Entrée libre
Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs
Associations, groupesà partir de 6 personnes
Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s)

Sola

Samedi 20 janvier à 19h30

Sola est une longue respiration, une traversée pour un·e interprète où le souffle est inscrit dans la langue pour mettre en lien un corps et un flux de conscience dans un moment critique. La pensée est en ébullition, comme souvent dans les moments de crise psychiques, et le corps absorbe ce flux dans un contre-mouvement. La première version de Sola, Revoir les sommets, est née d’une rencontre entre une autrice, un comédien et un metteur en scène. L’écriture a ensuite suivi ce fil, l’a déployé.

EXTRAIT

Je me suspends
au temps

je peux pas j’ai dit je disais si je me suspends au temps est-ce que le temps me mord les pieds c’est pas ça que je disais ce que je disais c’est que le jour où ma mère me regardera dans les yeux je ne serai plus là j’aurai quitté ce bloc que j’ai rejoint pour me rapprocher d’elle pour ne plus qu’elle s’inquiète de moi trop loin c’est ça que je disais je disais je devrais toujours répondre à ma mère pour trouver un sens mais je ne pourrai jamais la regarder dans les yeux dans le regard de ma mère je prends le risque de voir que je suis au sol depuis trop longtemps

Le texte est publié aux éditions Le Pôticha.

Entrée libre sur réservation.
Sur la billetterie en ligne, au 01 42 55 55 50 ou par mail resa@theatreouvert.com

 

©Christophe Raynaud de Lage

Texte Clémence Attar  
Mise en voix Laurent Poitrenaux 
Avec Stefany Ganachaud, Laurent Poitrenaux

Durée : 30 min
Petite Salle
Carte TO
Plein tarif Entrée libre
Tarif réduit Entrée libre
Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs
Associations, groupesà partir de 6 personnes
Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s)
Festival ÉPAT avec l'école du TNB

David à grande vitesse

Vendredi 8 décembre à 21h et samedi 9 décembre à 16h

Le 30 mai 2022, à 6h du matin, deux jours après la victoire du Real Madrid lors de la Ligue des Champions, le père de David se fait brutalement arrêter chez lui, par la police. Les voisins entendent tout, appellent les voisines, et la rumeur enfle. Au collège, tout le monde est au courant. Des mécanismes de soutien et de solidarité se mettent en place pour aider sa mère à se relever et à reprendre les choses en main. Pendant ce temps-là, David se mure dans le silence et ne parlera plus qu’avec son héros, Karim Benzema.

David à grande vitesse bénéficie de l’Aide nationale à la création de textes dramatiques (session d’automne 2023). 

EXTRAIT

Apparemment ma daronne elle a entendu du bruit chez David c’matin / Tu crois y a eu un problème ? / Ouais apparemment c’est chaud de ouf / Chaud de quoi chaud comment / Bah chaud genre y a les deks ils sont venus et bah voilà quoi / Askip carrément ils ont défoncé tout son appart / Bah quoi voilà quoi c’est quoi c’est comment ? / Bah ils ont cassé la porte frère tu veux j’te dise quoi ? / Ils ont cassé la porte la table la télé le canap c’est un zbeul chez eux mon frère / Quoi mais ah bon ? / Bah ouais ils ont cassé la porte ils ont levé son daron et voilà c’est tout tu veux j’te dise quoi ? / Mais son daron il s’est pas baré son daron ? / Mais j’en sais rien moi j’étais pas là / Ah genre son daron là il est à la rate genre / Ouais il a pris perpète apparemment / Perpète carrément / Mais il a fait quoi son daron ? / Chais pas moi / Moi j’ai entendu c’est un truc avec le père a Malik / Mais t’as entendu quoi toi mais n’importe quoi t’as entendu un truc t’as rien entendu c’est un fou / Moi j’crois c’est braquage hein / Ou alors il a buté un mec / Ou alors il a séquestré un mec / Ou alors c’est un dealer tu sais pas t’en sais rien 

ENTRÉE LIBRE SUR RÉSERVATION
Sur la billetterie en ligne, au 01 42 55 55 50 ou par mail resa@theatreouvert.com


Photos de répétitions

Lire, s’interroger, réécrire, réfléchir, relire, couper, faire entendre, déplacer, réécrire encore, proférer. C’est la dynamique entreprise de ces deux semaines d’EPAT (École Pratique des Auteur.ice.s de Théâtre) sur les textes de Clémence Attar, Pierre Koestel et Constance de Saint Remy. Un espace dégagé de tout enjeu de production, un moment privilégié dans le parcours de trois auteur·ices et de leur texte pour s’interroger collectivement sur un projet d’écriture.
©Christophe Raynaud de Lage

Texte Clémence Attar
Mise en voix Laurent Poitrenaux en présence de l’autrice
Avec les élèves de la promotion 11 (2021-2024) en 2ème année de l’École du Théâtre National de Bretagne Bonnie Barbier, Julie Borgel, Lucille Camus, Alison Dechamps, Stéphane Delile, Hortense Girard, Eli Roy, Pierre Thionois, Zaïna Yalioua 

Durée : 50 min
Petite Salle
Carte TO
Plein tarif Entrée libre
Tarif réduit Entrée libre
Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs
Associations, groupesà partir de 6 personnes
Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s)
Jeudi 7 décembre et vendredi 8 décembre à 19h

2014, République des Tropiques. Une gigantesque statue de Marilyn Monroe mise à la décharge provoque la réminiscence d’une disparition que certain·e·s cherchent à oublier, d’autres à expliquer. Sur fond de tragédie familiale, il s’agit d’une histoire de fantômes et de deuil impossible. Quels sont les mythes qui nous construisent face aux rêves qui nous détruisent ? Marilyn à la décharge, c’est autant un symbole qu’un présage.

EXTRAIT

WILLY
Est-ce qu’il t’arrive de la voir ? Moi parfois je la vois

LE PÈRE
Est-ce un fantôme ou un souvenir ?

WILLY
Il y a une différence ?

LE PÈRE
Qu’est-ce que vous veniez faire ici ?

WILLY
On s’asseyait sur le mur
nos jambes ballantes
un pied du côté où le village vieillissait
l’autre pied du côté où la ville s’est maintenant développée et puis on allait au drugstore
répéter ses chansons

LE PÈRE
Ça n’était pas sérieux

WILLY
Il y avait de l’amour
Il y avait ce rêve de partir ensemble
Et puis le Nouvel An
la soirée dans ce club karaoké
Avant qu’on ne m’accuse à tort
avant de partir sur un autre continent
j’ai continué de venir ici le soir en me disant elle va peut-être réapparaître
Mon urgence en revenant ici
ça n’était pas de voir la dépouille de mon père c’était de revoir cet endroit
Et voilà
une statue monstrueuse

ENTRÉE LIBRE SUR RÉSERVATION
Sur la billetterie en ligne, au 01 42 55 55 50 ou par mail resa@theatreouvert.com


Photos de repétitions

Lire, s’interroger, réécrire, réfléchir, relire, couper, faire entendre, déplacer, réécrire encore, proférer. C’est la dynamique entreprise de ces deux semaines d’EPAT (École Pratique des Auteur.ice.s de Théâtre) sur les textes de Clémence Attar, Pierre Koestel et Constance de Saint Remy. Un espace dégagé de tout enjeu de production, un moment privilégié dans le parcours de trois auteur·ices et de leur texte pour s’interroger collectivement sur un projet d’écriture.
©Christophe Raynaud de Lage

 

Texte Constance de Saint Remy
Mise en voix Elsa Granat en présence de l’autrice
Avec les élèves de la promotion 11 (2021-2024) en 2ème année de l’École du Théâtre National de Bretagne Félicien Fonsino, Tristan Glasel, Fanny Laborie, Esther Lefranc, Woodina Louisa, Dylan Maréchal, Nathan Moreira

Durée : 1h30
Petite Salle
Carte TO
Plein tarif Entrée libre
Tarif réduit Entrée libre
Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs
Associations, groupesà partir de 6 personnes
Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s)
Festival ÉPAT avec l'école du TNB

Après nous, les ruines

Jeudi 7 décembre à 21h et samedi 9 décembre à 18h

Tout commence un dimanche de printemps. Quatre ami·e·s se retrouvent pour pique-niquer dans un parc. Au départ les esprits sont à la fête, mais la joie laisse rapidement place à l’inquiétude, car une menace invisible plane dans l’air et gronde sous la terre, sans que personne ne parvienne à l’identifier. La nuit suivante, une catastrophe survient et engendre une crise qui s’installe durablement dans le quotidien des personnages. Pourtant, il·elle·s préfèrent en ignorer les conséquences. Saison après saison, on les retrouve dans le même parc, où ils tentent de renouer avec leurs vieilles habitudes. Mais la catastrophe les a changé·e·s et, dès lors, on assiste au dérèglement progressif et irrémédiable du groupe.

Après nous, les ruines est lauréat du Grand Prix de Littérature dramatique Artcena 2023. Le texte est publié aux éditions Tapuscrit | Théâtre Ouvert.

EXTRAIT

14h27 – Ensoleillé – 24,2°C
Vent : 6km/h
Indice UV : 4
Qualité de l’air : bonne 

Secousse sismique : 5 secondes – Magnitude 3,4 – Intensité II

Glenn se frotte la nuque. 

Glenn. Tiens.
Marissa. Qu’est-ce qu’il y a ? 
Glenn. J’ai senti quelque chose. 
Manuel. Quelque chose ? 
Glenn. Oui, quelque chose dans ma nuque. Une sensation étrange. Comme un frisson. Un frisson de plaisir. Ou peut-être une caresse. Quelque chose d’agréable, en tout cas. Et maintenant – Maintenant, je crois bien que ça me démange dans la nuque. 
Manuel. Montre moi. 
Glenn. C’est étrange – 
Marissa. (à Manuel) Tu vois quelque chose ? 
Glenn. Tellement étrange – 
Manuel. Il est rouge. Viens voir. 
Glenn. C’est comme si – 
Marissa. Effectivement, il est bien rouge. 
Glenn. J’ai l’impression que tout cela s’est déjà produit. 

ENTRÉE LIBRE SUR RÉSERVATION
Sur la billetterie en ligne, au 01 42 55 55 50 ou par mail resa@theatreouvert.com

Lire, s’interroger, réécrire, réfléchir, relire, couper, faire entendre, déplacer, réécrire encore, proférer. C’est la dynamique entreprise de ces deux semaines d’EPAT (École Pratique des Auteur.ice.s de Théâtre) sur les textes de Clémence Attar, Pierre Koestel et Constance de Saint Remy. Un espace dégagé de tout enjeu de production, un moment privilégié dans le parcours de trois auteur·ices et de leur texte pour s’interroger collectivement sur un projet d’écriture.
©Christophe Raynaud de Lage

Texte Pierre Koestel
Mise en voix Léna Paugam en présence de l’auteur
Avec des élèves de la promotion 11 (2021-2024) en 2ème année de l’École du Théâtre National de Bretagne Esther Armengol, Ramo Jalilyan, Charlotte Leroy, Paolo Malassis

Durée : 1h40
Petite Salle
Carte TO
Plein tarif Entrée libre
Tarif réduit Entrée libre
Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs
Associations, groupesà partir de 6 personnes
Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s)
Festival FOCUS #9

Paysage de pluie

Mercredi 22 novembre à 19h

La pluie tombe depuis plusieurs mois. Elle durera une année entière. Au village, on tente de comprendre cette situation qui fait peu à peu basculer le monde dans une nouvelle réalité. Faut-il faire avec, ou partir ? Résister, mais comment ? Garder espoir ?

En suivant les trajectoires croisées de quatre personnages, la pièce Paysage de pluie observe comment une pluie continuelle transforme à la fois un territoire et ses habitant·es. Tour à tour racontée par l’écriture et suggérée par la mise en scène, cette pluie fantastique se voit confier le rôle principal d’une histoire qui nous décentre du seul point de vue humain et dévie du récit-catastrophe. Une autre attention aux choses s’ouvre alors, et avec elle, peut-être, la possibilité d’une vie autre.

Fruit d’un dialogue entre le plateau et l’écriture, Paysage de pluie est une aventure collaborative qui voudrait explorer ce qui nous relie au paysage dans lequel nous sommes inscrit·es, engageant ainsi notre capacité à habiter sensiblement – et collectivement – le monde.

PRODUCTION Comédie de Béthune – CDN Hauts-de-France dans le cadre de son dispositif « Incubateur », Prémisse production
SOUTIENS La Chartreuse-CNES
Ce projet est lauréat d’une bourse Beaumarchais-SACD, commission « mise en scène » et bénéficie d’une résidence d’écriture à la maison Gatti.
©Christophe Raynaud de Lage

Texte Nicolas Girard-Michelotti
Mise en voix Jean Massé
Avec Majda Abdelmalek, Louis Albertosi, Leïla Belounis, Amine Boudelaa

Durée : 1h30
Petite Salle
Carte TO
Plein tarif 6€ Entrée libre
Tarif réduit 4€ Entrée libre
Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 4€
Associations, groupesà partir de 6 personnes 4€
Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s) 4€
Festival FOCUS #9

Manger à Thionville

Samedi 18 novembre à 18h

Alors qu’elle était en résidence d’écriture au NEST, Centre Dramatique de Thionville, l’autrice Lydie Tamisier a eu régulièrement l’occasion de manger au restaurant, seule. Elle a décidé de composer un recueil sur ses expériences de repas en solitaire. Le principe de Manger à Thionville est simple : un plat dégusté donne lieu à un petit texte. Aucun d’entre eux, de l’entrée au dessert, ne vient de France. Ainsi l’accent est mis sur la découverte, sur le surgissement d’émotions nouvelles.

Si vous avez déjà regardé l’émission culinaire Top chef, vous avez peut-être remarqué à quel point c’est l’hétérogénéité, poussée parfois à son paroxysme, qui prime. L’importance accordée au visuel pousse probablement les candidats à jouer toujours plus sur les contrastes. Les assiettes sont pétillantes, bariolées. Les textures aussi sont nombreuses. En touche finale, on ajoute souvent une tuile de légumes que l’on plante dans une purée ou dans une mousse. Comme si la multiplication des textures était devenue le signe d’une cuisine sophistiquée, bien pensée. Comme si on ne pouvait pas donner à manger une mousse sans proposer un minimum de croquant. Comme si, pour mieux sentir l’onctuosité de la purée, il fallait passer par la rugosité de la chips. Rares sont les plats qui proposent une parfaite homogénéité, une monochromie. Ce qui est appréciable dans le bortsch à la polonaise, c’est le dénuement presque total du plat.
©Christophe Raynaud de Lage
PRODUCTION Compagnie Tendre est la nuit
SOUTIEN la Maison Commune du Cheminert de Reims et du Théâtre de Charleville-Mézières

La compagnie Tendre est la nuit est conventionnée par la Région Grand Est au titre de l’aide au développement.

Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.

Texte Lydie Tamisier
Mise en voix Rémy Barché
Avec Pauline Chabrol
Dramaturgie Juliette de Beauchamp

Durée : 1h20
Petite Salle
Carte TO
Plein tarif 6€ Entrée libre
Tarif réduit 4€ Entrée libre
Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 4€
Associations, groupesà partir de 6 personnes 4€
Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s) 4€
Festival 8e Festival du Jamais Lu Paris

L’Idole (un jour j’épouserai Orelsan)

Dimanche 5 novembre à 16h

2025. Le monde est à bout de souffle. Crise climatique, économique, burnout généralisé. Corinne se pend dans son garage. C’est Paul, son voisin, qui la retrouve, mais c’est Marie qui s’en occupe, parce que Paul ne sait rien faire sans Marie (et pourtant il essaie).

La mère de Sofia a disparu sans laisser de traces. Sofia lui prépare un café tous les matins, et tous les matins elle se demande ce qui pourrait bien pousser une mère à quitter sa fille.

Corinne, Sofia, Marie et Paul sont perdu·es dans un monde qui court à sa perte. Iels sont fatigué·es. Éteint·es.

Quand Marie découvre sur Instagram que la mère de Sofia, grande fan d’Orelsan, s’est volatilisée presque par magie, elle en est alors persuadée : il y a un lien entre le rappeur préféré des françaises de presque 40 ans, la vague de suicides qui a fauché Corinne et la disparition quasi simultanée de milliers de femmes.

Il ne reste plus alors qu’à enrouler le fil pour en découvrir la source : l’Idole. Celle qu’on sacrifie quand il n’y a plus d’autre voie possible. Comme un dernier recours, un dernier souffle avant l’extinction de la flamme.

DR ROBERT. Une mère est parfois autre chose qu’une mère. Les femmes, les hommes partent. Ils l’ont toujours fait.
Ce n’est pas pour blesser, pas pour casser. Plutôt pour réparer.
SOFIA. Réparer quoi?
Ya plus rien à réparer dans ce monde pourri. C’est trop tard, tout est foutu!
Mais ce n’est pas une raison pour disparaître.
DR ROBERT. Ne soyez pas si négative.
 

 

 

 

 

 

©Joseph Banderet
Durée : 1h20
Petite Salle
Carte TO
Plein tarif 6€ Entrée libre
Tarif réduit 4€ Entrée libre
Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 4€
Associations, groupesà partir de 6 personnes 4€
Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s) 4€
Samedi 4 novembre à 18h30

Dans Corpresqu’île, deux frères, Nicola et Joey, viennent se donner en spectacle et raconter leur histoire. De leur enfance chaotique, en passant par leur adolescence punk et jusqu’au présent où tout les éloigne; ils cherchent pourquoi cette relation fusionnelle a volé en éclat, et comment elle continue de les transformer. Le récit est scandé d’intermèdes musicaux juvéniles, profondément irrévérencieux, hantés par des spectres punk… Les affects sont libérés par le plateau et les passions tristes sublimées, pour donner sens à la perte, et faire mémoire avec joie.

En fait on était des enfants perdus. Comme dans Peter Pan. Des enfants seuls qui devaient faire la loi et devenir plus forts que les adultes. Alors on voulait faire tout comme les grands, on voulait écouter leur musique, dire leurs gros mots. On était des enfants-adultes. Et en devenant adultes on est devenus des enfants. Je sais pas si c’est très clair ?
Présentation du texte par l’auteur
 
 

 

 

 

©Joseph Banderet
Durée : 1h30
Petite Salle
Carte TO
Plein tarif 6€ Entrée libre
Tarif réduit 4€ Entrée libre
Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 4€
Associations, groupesà partir de 6 personnes 4€
Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s) 4€

L’Âge de détruire

Du 11 au 23 mars 2024

L’Âge de détruire, c’est un thriller du quotidien, le parcours d’émancipation d’une fille, Elsa, à travers les lieux et les objets qui composent le décor et les témoins silencieux de son histoire. 

Justine Berthillot et Pauline Peyrade se retrouvent au plateau pour composer une « lecture – action », forme hybride inspirée de la frontalité de la performance, de l’esthétique de l’installation, du dépouillement de la lecture. Au plus proche de leurs écritures, de la page et du muscle, des gestes et de la littérature, elles portent ensemble l’histoire de la jeune Elsa, victime d’une mère abusive.

Composé en deux parties, le spectacle offre un récit visuel qui nous plonge dans l’appartement de la petite Elsa et de sa mère au moment de leur installation : le portrait d’un lieu et d’une femme en détresse, d’une mère abusive qui peine à habiter son espace de vie.

À l’intérieur de cela, surgit la littérature, frontale et dépouillée, qui explore la mémoire des murs, des corps et des voix qui hantent ces lieux, jusqu’à l’affrontement des deux femmes. Un geste tressé de corps et de mots qui dit les batailles du présent et les gestes d’une fille pour en finir avec l’héritage de la violence.

« L’âge de comprendre : l’âge de détruire… Et ainsi de suite. »
Virginia Woolf, Journal d’un écrivain

EXTRAIT

Dis-le encore. Je t’aime qui ? 
Maman. 
Dis-le.
Je t’aime, maman.
Tu m’aimes très fort ? Très, très fort ? Plus que n’importe qui au monde ? Et tu n’aimeras jamais personne d’autre autant que tu m’aimes ? Et tu m’aimeras toujours ?
Je t’aime et je n’aime personne d’autre sur toute la terre, maman, et pour toujours.
Je t’aime, mon Elsa. Dis, je sais que maman m’aime. 
Je sais que maman m’aime. 
Elle m’aime très fort. 
S’il te plaît. 
Quoi ? 
On peut dormir ? S’il te plaît ?

Justine Berthillot et Pauline Peyrade

Justine Berthillot et Pauline Peyrade explorent les territoires de rencontre entre le mouvement et l’écriture littéraire depuis 2015. D’une création à l’autre, elles composent des récits trandisciplinaires qui puisent leurs langages dans le théâtre, le cirque et la danse pour donner corps et mots à leurs obsessions partagées : les femmes en lutte et les violences du quotidien. Accompagnées par le scénographe James Brandily, elles développent des fables noires, des agrès, des espaces qui font résonner la puissance d’évocation et d’étrangeté des objets familiers – lit, baignoire, banquette de voiture, table de cuisine.

Dans L’Âge de détruire, Pauline Peyrade et Justine Berthillot font se répondre leurs écritures respectives de manière radicale, affirmée et différenciée – pour mieux les rassembler.

CRÉATION en janvier 2024 – Les Quinconces et L’Espal, scène nationale du Mans

TOURNÉE
15, 16 et 17 janvier 2024 à Les Quinconces & L’Espal, Scène nationale du Mans
Du 11 au 23 mars 2024 à Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines
15 et 16 mai 2024 à la Comédie de Colmar – CDN Grand Est Alsace

REVUE DE PRESSE CRÉATION

À lire 

théâtre(s) : « Un récit net et tranchant d’un parcours d’émancipation formidablement réussi dans l’articulation entre sa dimension littéraire et sensorielle« . 

Untitled Magazine : « […] des interstices physiques et textuels s’immiscent jusqu’à notre intimité. On en sort bousculé.e.s. »

L’Humanité : « Pauline Peyrade et Justine Berthillot continuent  leur exploration des souffrances féminines en nous plongeant dans le foyer d’une fille et sa mère. Elles allient les mots et le corps pour produire une forme hybride bouleversante. »

AOC : « Ce que Pauline Peyrade qualifie de « lecture-action » pour L’Âge de détruire creuse ainsi la tension entre performance et drame pour en offrir une traduction teintée de mélange ».

Sceneweb.fr : « Ainsi en va-t-il du spectacle comme du texte, tout en violences et en fragilités. En percussions et en sensations. De lumières crues en ombres projetées, […] il déploie sous nos yeux, saisi sous un angle particulier, un nouveau morceau du puzzle de ces générations de jeunes femmes qui traquent les violences ordinaires des schémas familiaux et sociaux. »

Libération : « L’Âge de détruire… Le titre fonctionne comme le meilleur commentaire du moment qui se vit aujourd’hui dans la société, donc sur scène. Comme une version chorale de l’incantation de Marguerite Duras : détruire, disent-elles. »

Médiapart : « L’écrivaine et la circarssienne se complètent, s’épaulent. Peyrade & Berthillot ont donné un nom à cela : « lecture-action », elles disent aussi «récit de plateau », cela pourrait être aussi « lecture en acte »’ . Ni théâtre à part entière, ni simple lecture, une tierce voie. »

Théâtral magazine : « Avec son écriture au plus près des sensations, Pauline Peyrade fait sentir que quelque chose d’anormal et de pathologique plane dans l’air. La violence s’accumule comme dans une cocotte-minute. Quand elle éclate, le lecteur est saisi« .

Hotello Théâtre : « Une performance, une lecture incarnée, à partir de l’insondable tristesse des existences explorées. »

SNES-FSU Culture : « Au cœur des mots s’inscrit le corps en mouvement portant la violence des émotions que la langue a laissées en suspens. »

Je n’ai qu’une vie : « L’âge de détruire est un coup de poing, un spectacle émotionnel qu’il faut savoir voir des premiers rangs de face, pour être dans le bain, pour bien le prendre dans la gueule. Un spectacle dont on sort marqué. »

A2S Paris : « Original, et plutôt réussi, ce spectacle est une adaptation théâtrale du premier – et, pour l’instant, unique – roman de Pauline Peyrade, L’Âge de détruire (2023), qui a reçu le Prix Goncourt du premier roman. »

L’Oeil d’Olivier : « Pauline Peyrade – Justine Berthillot, un duo à corps destructeur »‘

Culture cirque, interview de Gwénola David, directrice générale d’Artcena : « Je viens de voir L’âge de détruire, de Pauline Peyrade et Justine Berthillot. C’est une création très forte, à la fois acrobatique et théâtrale. »

À écouter

Coup de projecteur, TSF Jazz : « Ce n’est ni du théâtre, ni de la littérature, ni de la danse, c’est un petit peu de tout ça en même temps. »

Tous en scène, France Culture : « Le roman entre en scène donc. Il ne s’adapte pas. Ce sont nos oreilles, nos yeux, nos corps, qui vont devoir s’adapter, et recevoir les impacts de la littérature qui nous fait face. »

 

REVUE DE PRESSE ROMAN

Diacritik, janvier 2023 : «Un choc, une fulgurance, un récit magistral : voici les quelques mots qui viennent immédiatement à l’esprit pour qualifier le puissant premier roman de Pauline Peyrade…»

L’Obs, mars 2023 : « Une telle douceur pour décrire une telle violence. Des mots si délicats pour désigner des maux si profonds. […] Ce premier roman magistral est une confession cinglante, mais qui prend son temps, s’attarde dans les détails, les descriptions minutieuses des décors et objets de la vie quotidienne… »

©Catherine Mary-Houdin / Martin Agyroglo
PRODUCTION Morgane
COPRODUCTION Les Quinconces & L’Espal, Scène nationale du MansComédie de Colmar – CDN Grand Est Alsace ; Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines ; CCN2 – Centre chorégraphique national de Grenoble dans le cadre de l’accueil studio ; CN D à Lyon
SOUTIENS Le Château de Monthelon, atelier international de fabrique artistique ; La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon – Centre national des écritures du spectacle ; Centre National du Livre ; l’Onda – Office national de diffusion artistique ; la Région Île-de-France pour l’ÉPAT
REMERCIEMENTS Marie Pluchart, Julie Mouton, Frédéric Cauchetier / Triptyque Production
Production et diffusion Le bureau des écritures contemporaines (le BEC) Romain Courault et Claire Nollez
L’Âge de détruire est paru aux éditions de Minuit en 2023 et a reçu le prix Goncourt du premier roman 2023

D’après le roman L’Âge de détruire de Pauline Peyrade (ed. de Minuit 2023, Prix Goncourt du premier roman 2023)

Mise en scène et adaptation Justine BerthillotPauline Peyrade
Avec Justine BerthillotPauline Peyrade
Chorégraphie Justine Berthillot 
Collaboration à la scénographie James Brandily
Construction Jérémie Hazael-Massieux
Création sonore et régie son Guillaume Léglise
Collaborateurs artistiques Rémy Barché, Mosi Espinoza, Esse Vanderbruggen
Création lumière et régie générale Aby Mathieu

À partir de 14 ans

LUN, MAR, MER À 19H30
JEU, VEN À 20H30
SAM 16 MARS À 20H30
SAM 23 MARS À 18H

La configuration de la petite salle ne permet pas l’accès aux retardataires.

Durée : (estimée) 1h
Petite Salle
Carte TO
Plein tarif 20€ 14€
Tarif réduit 14€ 10€
Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 8€
Associations, groupesà partir de 6 personnes 8€
Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s) 12€