Festival ZOOM à Théâtre Ouvert – Z.T.O#2

LAYLA, à présent, je suis au fond du monde

mardi 24 mai 2016 - 19h

Partir. Un matin, prendre la route. Elle n’a pas vingt ans, elle sort de chez elle. Elle ne dit rien à ses parents. Au hasard, elle prend un train. Ce n’est pas une fuite. Un départ peut-être, mais sans but. Les médecins parleront plus tard de voyage pathologique, poseront des diagnostics, proposeront des traitements. Elle, elle dira simplement que pour la première fois, elle se savait vivante. Écrire cette traversée, cet affrontement au monde embrassé entièrement et cette plongée dans la ville hostile et en soi-même, c’est retrouver la voix qui nous a été confiée, et c’est vouloir la libérer de nouveau.

 Il y a huit ans déjà, Layla nous a confié son histoire, qui n’est pas notre histoire mais qui est l’histoire de notre monde et de notre possibilité de l’habiter. C’est pourquoi nous l’écrivons ensemble. Metteur en scène et dramaturge. Nous l’écrivons avec cette voix déposée en nous comme un secret, ou comme un pacte. Celui qui lie la vie à l’insulte qu’on adresse au monde pour devenir vivant. Nous l’écrivons avec les folies qui nous peuplent. Avec la puissance de tous les départs. Avec ceux qui sont allés jusqu’au fond du monde, dans Aden comme auprès des Tarahumaras, pour trouver de quoi en finir avec l’identité pauvrement originelle ; ceux qui ont cherché à se donner naissance en se brûlant au feu du réel qui nous consume.

Car le feu que l’on allume en soi nous vient toujours du dehors.

Arnaud Maïsetti, Jérémie Scheidler

Production compagnie La Controverse
avec le soutien du CCAM-Scène Nationale de Vandœuvre-lès-Nancy, du Théâtre de Vanves, du Théâtre-Studio d’Alfortville – Studio des Arts Numériques, du Vivat-Armentières, du Relais –  Centre de recherches théâtrales

 Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un compagnonnage (dispositif de la DGCA) entre Jérémie Scheidler et  Dieudonné Niangouna

par Jérémie Scheidler

avec Boutaïna El Fekkak

Durée : 1h10
Petite Salle
samedi 14 mai 2016 - 19h

Dans Angleterre, Angleterre, la misère est exploitée par d’autres miséreux. Un passeur dans la jungle de Calais « rend service » et tire profit de la situation. La barque, le camion réfrigéré. Comment passer d’une jungle à l’autre ? Entasser des migrants entre deux mers. Concentrer des vivants dans des camps. Gazer les enfants aux frontières. Entre deux jungles : payer ou disparaître.

Faut-il hiérarchiser la misère ? Compter les embarcations de fortune ? Regarder passer. Une barque de ce côté-ci vaut-elle moins qu’un bateau de ce côté là ? Fuir la guerre et se rater en Méditerranée… Elle est où l’Europe ?

Et si le théâtre nous permettait d’ouvrir les yeux et d’assister au spectacle les yeux ouverts jusqu’au bout ? Et si le rire convoqué par Aiat Fayez nous aidait à passer à l’action ?

garçon pressé

Texte à paraître chez L’Arche Editeur.

Aiat Fayez est représenté par L’Arche, agence théâtrale.

Production garçon pressé, Théâtre Ouvert 
avec le soutien du JTN

par Olivier Martinaud

avec Zohra Benali, Daniel DelabesseLoïc RiewerMohamed Rouabhi 

Durée : 1h

Toutes les femmes sont des aliens

lundi 8 février à 20h

Si je n’avais pas vu la saga des Alien, Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock, deux dessins animés de Walt Disney, Bambi et Le Livre de la jungle, je n’aurais sans doute pas éprouvé aussi intensément peur, amour et désir. Les années passant, rien n’a réussi à me faire oublier les scènes les plus traumatiques de ces films. 

À force de me les repasser en boucle, j’y découvre tant de choses renversantes sur la maternité, l’identité sexuelle, le rôle des blondes et la domestication que j’ai le sentiment de me connaître plus intimement et de comprendre un peu mieux le monde.
Et si le cinéma servait surtout à attiser et magnifier nos folies ?

Olivia Rosenthal

Culture dessinée

France culture-La dispute

En partenariat avec les éditions Verticales

A paraître aux éditions Verticales en février 2016

Par ildi ! eldi (Sophie Cattani et Antoine Oppenheim)

Durée :
Petite Salle
vendredi 11 décembre à 20h

Red line dévoile les coulisses des négociations climatiques, l’ambiguïté du pouvoir, les techniques de manipulation, la manière dont on écrit les engagements nationaux sur le réchauffement climatique. Au centre, deux personnages : un ministre de l’écologie et une jeune négociatrice perdus tous les deux dans le système qui les oblige à trahir leurs idéaux et à revoir leur propositions au rabais.

Comment résisteront-ils dans ce contexte ? Ont-ils encore une marge pour faire marche arrière ? Quelle est la solution pour réussir à limiter le réchauffement climatique à deux degrés ? Et surtout quelle est notre réponse personnelle ?

mise en voix Marie Rémond

avec Benoît CarréFlorent CheippeMarie Rémond,  Anne-Laure Tondu 

Durée : 1h
© DR

Pénurie des corps (Testínség)

24 novembre 2015

La pièce est conçue comme une symphonie de souvenirs incarnés par trois personnages qui évoquent parallèlement leur drame. L’intrigue se dessine progressivement à travers des monologues fragmentés ou juxtaposés qui évoquent les passions vécues par chacun.Le style minimaliste de l’auteur porte une réelle charge poétique et musicale et contribue à donner de multiples dimensions à l’histoire d’un meurtre fatal.

Les pièces de ce jeune auteur hongrois ont déjà été traduites en sept langues et jouées (en dehors de la Hongrie) dans plusieurs pays dont l’Allemagne, l’Autriche et la Roumanie. Ses écrits ont été couronnés par une vingtaine de prix et de bourses en Hongrie où il est considéré comme une figure majeure de la jeune génération.

La mise en voix sera suivie d’une rencontre avec la traductrice et l’équipe artistique

En partenariat avec Ecritures du monde

avec le soutien de l’Institut français de Budapest, l’Institut hongrois de Paris, l’Institut National des Langues et Civilisations  Orientales

POUR POURSUIVRE : 
Le 25 novembre à 19h 
Table ronde autour du théâtre hongrois contemporain 
avec notamment par Ilona Kovacs, universitaire hongroise et traductrice littéraire, Csaba Mikó, écrivain et auteur dramatique,  Mohamed Kacimi, écrivain , auteur dramatique et traducteur, Thomas Szende, professeur à l’INALCO. 
Institut hongrois de Paris
92 rue Bonaparte – Prais 6e
Entrée libre  

 

Traduit du hongrois par Ilona Kovacs et Mohamed Kacimi 

par Blandine Savetier

avec Hélène MorelliJulie PilodGurshad Shaheman

Durée :
Festival Focus à Théâtre Ouvert F.T.O#2

Seuls les vivants peuvent mourir

Samedi 21 novembre à 20h

Seuls les vivants peuvent mourir construit une dramaturgie dans une zone de l’espace-temps où les choses fuient, s’estompent, s’échappent. Nous sommes dans ces moments de la vie, où la confusion des personnes, des mots et des actes est persistante. Cette confusion est contagieuse. Nous sommes à ce moment de la vie où les êtres s’amenuisent, où la vie hoquette et commence à faire défaut, où le présent se mélange aux souvenirs.

Aurore Jacob réussit, par sa langue et sa construction dramaturgique, à nous faire entendre concrètement la confusion de ces moments. Elle nous conduit en lisière de cette fin de vie dans une apesanteur qui allège le tragique de l’histoire, sans pour autant en diminuer la profondeur.

Ces instants décisifs réactivent le récit familial et les connections intimes de notre rapport à la mort. À travers une apparente quotidienneté des échanges, elle saisit sur un mode mineur l’intensité des enjeux et creuse ainsi, grâce à une stylistique et une composition rigoureuse, le compte à rebours qui est en route, pour chacun de nous.

Madeleine Louarn

Théâtre de l’entresort

Le texte est paru aux éditions Tapuscrit / Théâtre Ouvert

Production Théâtre Ouvert

Théâtre Ouvert poursuit avec Aurore Jacob un parcours qui a commencé il y a quelques années et s’est concrétisé avec la parution de sa première pièce Au bout du couloir à droite et la mise en espace de celle-ci par la chorégraphe Olivia Grandville à l’initiative de Théâtre Ouvert créée en 2014 dans le cadre du Focus à Théâtre Ouvert.

Cette mise en espace a été été reprise en 2015 au TU-Nantes dans le festival Flash Danse # 4 et à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon.

par Madeleine Louarn

avec Chloé DabertStéphanie FarisonCharline GrandPierre-Félix Gravière, Benjamin Monnier

Durée : 1h
Festival Focus à Théâtre Ouvert F.T.O#2

KATRINA – Isle de Jean Charles, Louisiane

Samedi 21 novembre à 18h

Isle de Jean Charles est une langue de terre située aux confins de la Louisiane. Elle est la première victime d’une érosion côtière qui ronge la région depuis des siècles, décuplée par les effets des tempêtes qui balaient régulièrement le Golfe du Mexique. Avec elle, une communauté d’Indiens issus de trois tribus – Biloxi, Chitamacha et Choctaw – coule doucement. 
Pêcheurs de père en fils, les Indiens d’Isle de Jean Charles ont comme autre particularité de parler partiellement le français des Cajuns, descendants de Français chassés d’Acadie par les Anglais en 1755 et réfugiés en Louisiane. On y va. On y passe, un jour.

Frank Smith, écrivain et vidéaste, joue à merveille de la langue et des sons, en mêlant enquête, poésie et récit pour décrire le quotidien déclinant des habitants de cette île.

Diacritik

Site de Frank Smith

Editions de l’Attente

Les Inrocks

Mediapart

Charybde 27

Le Devoir

Remue.net

L’Obs

Le Monde

Le texte est paru aux éditions de l’Attente

création sonore originale Gilles Mardirossian

Durée : 1h
Petite Salle
Vendredi 20 novembre à 20h30

« Soit nous faisons de notre vie un roman, soit on ne s’en sortira jamais »
Douglas Coupland. Génération X

Pour cette pièce répondant à une commande d’écriture sur l’après chute du mur de Berlin, Dirk Laucke s’intéresse aux oubliés de la réunification dans une sorte de road-movie statique situé non loin de la frontière entre l’Allemagne et la Tchécoslovaquie. Un ancien conducteur de char de la RDA, un couple de paumés qui fait du trafic de cigarettes et de CD de musique néonazi, un loup, un camion rempli de réfugiés chinois… Des destins sacrifiés qui s’accrochent à leurs rêves dans l’attente de les voir se réaliser et qui s’agitent pour s’en sortir. Dans ce monde de la débrouille et du chacun pour soi, la langue est rude, directe, et devient même le lieu du refuge quand la fiction est le seul salut.
Simon Delétang

Dirk Laucke, né en 1982 dans l’ex-RDA, est considéré comme l’un des représentants les plus emblématiques de sa génération en Allemagne. Critiques et public sont unanimes à reconnaître ses talents de dramaturge. Il pointe, dans ses pièces, une société allemande à deux vitesses en donnant la parole aux individus oubliés de la réunification.

Fabulamundi

Maison Antoine Vitez

Production Théâtre Ouvert

Avec le soutien de la Maison Antoine Vitez,  de Fabulamundi-Playwriting Europe, du programme culture de l’Union Européenne

par Simon Delétang

avec Julien AlloufPierre BauxDeborah Marique, Victoria Quesnel

Durée : 1h
Vendredi 20 novembre à 19h30

Dans un salon de coiffure en banlieue, la coiffeuse reçoit la visite de sa mère, qui souhaite l’inviter à fêter un anniversaire dont on ne sait s’il est celui d’une naissance ou d’une mort. Les gestes de la coiffure (shampoing, coupe, teinture, séchage) sont à la fois la tentative et l’échec du contact, un effleurement sensuel et destructeur entre les deux femmes, par lequel le corps de la mère (Puce), obèse, passif, par opposition à celui de sa fille (Bouboule), très maigre, tente de changer d’apparence. Leur conversation est rythmée par une radio grésillante qui interfère dans leur tentative de (se) parler, les bruits des voisins, qui tous les soirs se lancent dans une étrange course poursuite à la recherche de leur bébé perdu, et par les coupures de courant, qui les plongent dans une obscurité inquiétante et rédemptrice.

Mediapart

Production compagnie Pétrole
Co-production Studio-Théâtre de VitryComédie de Reims, Théâtre Ouvert avec le soutien de la Région Ile-de-France.
Avec le soutien du Théâtre de Vanves, de la SPEDIDAM

La pièce sera créée en mars 2016 au Studio-Théâtre de Vitry

trad. du croate par Christine Chalhoub

par Clara Chabalier

avec Pauline JambetCaroline Darchen

avec les voix de Clara ChabalierAlexandre PalluPierre et Anselme Barché
création sonore Julien Fezans
création lumière Philippe Gladieux

Durée : 1h
Petite Salle
Festival Focus à Théâtre Ouvert F.T.O#2

Le Brady, cinéma des damnés

Jeudi 19 novembre à 19h30

Ce livre propose la « biographie d’un lieu », Le Brady, dernier cinéma permanent de quartier parisien. L’auteur, qui y fut projectionniste dans les années 2000, a tiré de cette expérience un texte foisonnant, drôle et informé. Il met en scène ses collègues, son propriétaire Jean-Pierre Mocky, les fondus de films « bis » (fantastique, gore, kung-fu, western-spaghetti voire moussaka, porno), mais aussi d’autres spectateurs atypiques (sans-logis, retraités maghrébins, amateurs de brèves rencontres), et tous les riverains occasionnels (prostituées, coiffeurs afro, soiffards).

Le brady, cinéma des damnés reconstitue la mémoire des années turbulentes d’une salle obscure inclassable, comme le documentaire subjectif qui s’en inspire. Une somme inventive et attachante qui satisfera la curiosité de ceux qui croient encore que l’aventure est au coin de la rue.

 
Extrait :
 
LES HABITANTS DU BRADY
Il était toujours là. Au 39 boulevard de Strasbourg, dans le Xe arrondissement de Paris. Normalement, ce cinéma de quartier aurait dû disparaître. Depuis les années 80, au moins. Comme les autres. Mais le mot « normal » et le Brady ne se sont pas côtoyés souvent.
Ce cinéma, c’était un peu le Titanic. Avec une originalité : il n’arrivait jamais à couler définitivement. Sa fermeture était sans arrêt annoncée, et pourtant il était toujours là, penché au bord de l’abîme. Un Titanic canard de bain, on le pousse vers les abysses et il remonte.
Pour certains, le Brady était comme une bouée, c’est qu’ils avaient presque touché le fond.
Quand j’ai commencé à y travailler, en octobre 2000, un seul employé devait tenir la caisse, projeter les films et plus ou moins surveiller ce qui se passait dans la salle. Une tâche difficile.
— Tu parles ! Y’a des taches que j’arrive pas à nettoyer ! Ils ont du sperme de chacal ! pestait Daniel, l’homme de ménage. Un grand maigre aux cheveux longs, à la barbe christique de hippie revenu d’Inde, qui terminait son boulot quand j’arrivais. Il les frottait, les astiquait, ces dossiers de sièges.
À 13h30, j’ouvre le cinéma. Devant les grilles, ils commencent à s’impatienter. Bouboule s’approche avec son litre de bière et sa grosse tête. Il termine sa canette. « Kadhafi » crache dans la rue avant d’entrer. Il a un peu l’air du dictateur – d’où le surnom. Sauf qu’il n’a pas son style fantaisie, il porte une parka verte défraîchie et un gros bonnet gris, hiver comme été. Claude, le petit bossu, se hâte en claudiquant dans l’escalier. D’une main tremblante, il s’aide d’une béquille trop courte, probablement trouvée, qui l’oblige à avoir une démarche encore plus bancale.
Nos spectateurs sont presque tous des estropiés, mais il n’y a pas de rampe dans cet escalier. En plus, la marche piège et ses quelques centimètres de plus que les autres, trouve toujours le moyen de faire trébucher ceux qui remontent. Un client pose des questions. C’est un spectateur normal, pas un habitué. Une exception par ici. Les autres ne disent rien, ils connaissent par cœur. Ce qu’ils veulent c’est se coucher et dormir, pas regarder un film ou poser des questions.
Se coucher n’est d’ailleurs pas le bon mot, sur un fauteuil de cinéma on s’affale, les accoudoirs ne se relèvent pas. Si nos spectateurs se couchaient, le cinéma ressemblerait trop à un dortoir. Ils dorment donc assis. Ils préfèrent ça plutôt que de d’aller dans un foyer pour sans-abri, les chaussures attachées autour du cou pour pas qu’on te les vole, ou dans la rue, la bouteille sous le cou pour pas qu’on te la siffle.
Dormir le jour peut paraître curieux, pourtant la plupart des hommes sans logis dorment le jour. Par peur des agressions. Alors tant qu’à faire, dans une salle obscure, on peut au moins s’imaginer que c’est la nuit.

Livres Hebdo

Verticales

l’Ecole des lettres

Télérama

France Inter

En partenariat avec les éditions Verticales

par et avec Patrick Pineau

Durée : 50 min
Petite Salle