Type de spectacle : Mise en voix
Le théâtre iranien aujourd’hui
➝ Je suis une créature de twitter, vous pouvez me prendre en photo !
de Mohammad Rezaï Rad
traduit et adapté du persan par Tinouche Nazmjou
mise en voix par Jean-Pierre Vincent
avec Nacima Bekhtaoui
Dix pas, c’est la distance qui sépare Neda, âgée de 26 ans, de la balle qui causera sa mort.
Dix pas, c’est le temps qu’il faudra pour qu’elle devienne une « créature de la toile », que son visage ensanglanté, filmé par des téléphones portables soit diffusé sur Youtube, Facebook, Twitter et d’autres réseaux sociaux et devienne l’un des symboles de la contestation iranienne.
Dix pas. C’est le compte à rebours déclenché par l’auteur pour entraîner le public au milieu des manifestations qui secouent Téhéran en juin 2009 au lendemain de la réélection contestée du président Ahmadinejad.
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➝ L’étoile de l’aube ou la fille au ruban rouge
de Mohsen Yalfani
traduit et adapté du persan par Tinouche Nazmjou
mise en voix par Jean-Pierre Vincent
avec Boutaïna El Fekkak
Monologue de l’une des nombreuses victimes de la révolution de 1979, exécutée sommairement en prison au début des années 80. Il s’ouvre sur une histoire d’amour naissante, le portrait de la jeune fille « disparue » qui s’adresse à un homme torturé, déchiré, obsédé par cette photographie de sa bien-aimée d’autrefois… Peu à peu, on découvre les raisons de la tragique disparition de la fille au ruban rouge et de toute une jeune génération décimée par la révolution islamique.
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➝ Chroniques d’une journée morte
de Mohammad Charmshir
traduit du persan par Tinouche Nazmjou
mise en voix par Ildi, eldi ! (Sophie Cattani, Antoine Oppenheim)
avec Sophie Cattani
Chronique d’une journée morte décrit l’errance d’une femme qui perd peu à peu la mémoire. Le temps qui passe devient peu à peu angoissant et chaque geste quotidien problématique. Cela ressemble à la perdition d’une femme qui souffre de la maladie d’Alzheimer mais dont le diagnostic n’est jamais clairement établi.
En suivant un esprit en chute libre, l’auteur profite de ce thème sensible et anxiogène pour partager, le temps d’une journée, le quotidien d’une femme iranienne ordinaire.
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- ➔ Rencontre autour du théâtre iranien aujourd’hui à l’issue des mises en voix avec Tinouche Nazmjou, éditeur, traducteur ; Mohamed Kacimi, auteur, Mina Kavani, comédienne, Mohsen Yalfani, auteur et Shabnam Tolouei, comédienne et metteuse en scène.
En partenariat avec Ecritures du monde
LULLABY, tragédie aérobique
Nous sommes en 2056, dans un monde qui, peut-être, n’a plus de frontières. Au fil des années, les jeunes ont réussi à conquérir les niveaux les plus élevés de la pyramide sociale, en augmentant la productivité par l’exaltation du physique, de la vigueur, de la rapidité.
Une loi est adoptée pour remédier au problème des retraites et donner aux personnes âgées une vie digne, loi selon laquelle à 70 ans, le citoyen est conduit dans l’un des milliers de centres Lullaby pour y passer les dernières années de sa vie. Ses biens sont transmis à ses enfants ou à ses futurs héritiers.
Dans chaque ville, dans chaque coin du monde Lullaby offre aux résidents tout ce dont ils ont besoin : des chambres individuelles, d’excellents repas dans le restaurant de l’établissement, une piscine, un parc et plusieurs salles où pratiquer des activités récréatives. Dans l’une d’elles, deux hommes et deux femmes se retouvent pour leur leçon d’aérobic et pour fomenter un complot à l’occasion de la visite officielle du Président des États-Unis d’Europe…
Remerciements à Kyoko Takenaka et Thomas Fernier
Production Théâtre Ouvert
Avec le soutien de Fabulamundi-Playwriting Europe, du programme Culture de l’Union européenne. de Face à Face – Paroles d’Italie pour les scènes de France, Institut Culturel Italien de Paris
traduction Federica Martucci
mise en voix Benoît Bradel
avec Aline Belibi, Raoul Fernandez, Annie Mercier, Véronique Nordey, Emilien Tessier
La Truite
Un dimanche. Dans un petit village. Un couple, proche de l’âge de la retraite, qui vient de s’installer pour ouvrir une petite boulangerie bio. Nouvelle maison. Nouvelle vie. L’homme fête son anniversaire. Mais il a surtout une annonce à faire, importante, grave. Les trois filles sont invitées à déjeuner. L’aînée vient avec son conjoint, son bébé et la panoplie qui va avec, la cadette idem et la benjamine avec sa compagne. La deuxième a ramené une truite. Lactopesco- végétarienne, elle ne mangera pas de blanquette de veau. Et on va surtout parler de ça. Pourquoi ne ferait-elle pas comme tout le monde ? Que veut dire « avoir des convictions » ?
Coproduction la Comédie de Reims, Compagnie Moon Palace
mise en voix par Rémy Barché
avec Suzanne Aubert, Marion Barché, Christine Brücher, Daniel Delabesse, Thalia Otmanetelba, Tom Politano, Samuel Réhault, Blanche Ripoche
Bois impériaux
Réécriture lointaine d’Hansel et Gretel, Bois impériaux se pose à l’endroit de friction de deux lieux contradictoires : l’autoroute – métrée, grise, stérile – et la forêt – infinie, noire, mythique. Au compteur, les kilomètres défilent, les minutes passent, la température baisse quasi imperceptiblement. Tout autour, s’étend la nuit, la nuit noire de la route, où l’on n’y voit qu’à profondeur de phares, où les panneaux jaillissent des ténèbres avec des noms bizarres et disparaissent aussitôt, emportant avec eux leurs légendes.
Production Cie les productions Merlin, Théâtre Ouvert
En collaboration avec le Théâtre National de Strasbourg
mise en voix par Anne Théron
photographe Emmanuel Rioufol
avec Romain Darieu, Alex Descas, Rémi Fortin, Maud Pougeoise, Adrien Serre
Des guerriers dans le crâne
Trois personnages. Trois monologues d’affilée. Un fait divers. Et la parole donnée à des « pauvres gens » perdus dans des paysages sans nom ou pris dans un univers urbain sans horizon. Une parole qui sort comme une logorrhée ou un soliloque. Bien loin de Lars Norén, il y a bel et bien une absence de guerre, un théâtre où l’on ne se confronte plus, où les relations ne sont plus à démêler mais à contempler de loin comme un pur objet mis en exposition. La guerre dans le crâne semble avoir dévidé la scène et le sang des personnages pour n’en garder que des contours flottants. Cependant, nous retrouvons cet éternel attrait du glauque, du sordide, mêlé à la « soupe au choux » qu’on a finalement envie de regarder avec de bonnes chips et du coca-cola, juste pour le plaisir du leitmotiv, où l’on pourrait percevoir l’ombre de Maldoror pris dans une fantasmagorie à la Fargo.
Grégoire Strecker
Fabulamundi Playwriting Europe
Production Théâtre Ouvert
Avec le soutien de Fabulamundi-Playwriting Europe, du programme Culture de l’Union européenne, de la Maison Antoine Vitez
traduction Laurent Muhleisen et Frank Weigand
mise en voix par Grégoire Strecker
avec Dominique Frot, Paul-Adrien Bertrand, Philippe Fretun
Neverland
Neverland est une rêverie, une traversée fantasmatique sur la figure mythique de Michael Jackson.
David Léon traverse ici des thèmes qui lui sont chers, l’éducation, la violence sourde faite aux enfants, l’exclusion, la différence. Peuplée de « sosies », la pièce questionne les troubles de l’identité. Elle met en scène deux jeunes adolescents, Jimmy et Mikaël et donne la voix à une figure qui analyse et décortique qui fut Mikaël. Construite comme un kaléidoscope le texte se noue dans le tragique et l’onirisme touchant la dimension d’une cérémonie incantatoire, d’un requiem profane et funk.
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Neverland, c’est l’entrelacement d’une malédiction personnelle, celle de Michael Jackson et d’une malédiction collective, cette du peuple noir transmise d’une génération à l’autre et le combat, en soi, pour y échapper.
Mikaël a été humilié, maltraité par un père écrasé par le poids de sa mélanine et conscient en même temps que la couleur la peau du Noir en fait l’élu de Dieu en même temps que la malédiction du Blanc. Abusé, Mikaël ne peut pas grandir comme être humain, il reste un enfant et « reproduit » l’abus, mais transcende sa blessure dans la danse. Là, il est divin et donne corps à la parole paternelle. Ce génie-là dépasse l’explication psychologique, scientifique.
Le regard blanc sur le Noir objective et réduit. Le Noir en arrive à se détester et s’autodétruire. Les commentaires de la psychologue relèvent de ce point de vue objectif et réducteur.
Le personnage Mikaël me fait penser à Thomas Bernhard que j’ai monté. Dans un tout autre registre, Bernhard a été un artiste à l’enfance ravagée par un père absent et la détestation maternelle. Il ne s’est jamais réalisé comme homme, mais il fut cet écrivain qui éructa comme personne sa puissance créative, qui écrivait pour vivre, écrivait comme on respire, pour survivre à sa condition d’Autrichien qu’il détestait par-dessus-tout, mais qu’il n’aurait jamais pu abandonner.
Blandine Savetier
Les 5 pièces – portrait d’Aurélien Feng
Texte à paraître aux Editions Espaces 34 en 2017
par Blandine Savetier
assistante Irina Solano
avec Océane Cairaty, Cyril Gueï, Aurélien Feng, Josué Ndofusu, Irina Solano, Souleymane Sylla
Le chiffre de son domaine
Le chiffre de son domaine est la première partie d’un diptyque intitulé QS DRONED ME consacré aux questions de la surveillance des corps, des frontières et des identités en ce début de XXIe siècle. Entre réel et virtuel, le texte met en scène d’un côté une entité aux contours mouvants disant « je », se décrivant par chiffres et codes et de l’autre un duo de frères pilotes de drones confinés dans un garage sans fenêtres, occupés à la tâche épuisante de ne rien faire, ou presque…
Dans Le chiffre de son domaine Un homme/Une femme s’avance et commence à dresser le portrait de son « Quantified Self » , présentant sa vie sous forme de données, de chiffres.
Poème du lyrisme mathématique, monologue chiffré à l’heure de l’auto surveillance, autoportrait vertigineux de la statistique intime, analyse pointilliste de la performance personnelle, cette ballade dans le « Quantifie Self » permet d’entrevoir une nouvelle définition de l’humanité, où tout se traduit à la fin par des 0 et des 1 alignés, hiéroglyphes contemporains sur une pierre de rosette du XXIème siècle.
Production Compagnie la multinationale
par François-Xavier Rouyer
avec Pauline Belle
La vie n’est pas une chose facile
Dans cette pièce nouvellement traduite, Georgia Mavraganis, jeune auteure grecque, donne la parole à un chœur d’adolescents.Ils disent la vérité et se moquent de ce que l’on appelle habituellement l’âge mûr.
C’est très drôle, incisif, mais les lettres qu’ils adressent à leurs parents et amis sont aussi très touchantes.
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La vie n’est pas une chose facile de l’auteure grecque Georgia Mavraganis parle d’un âge que nous avons tous vécu. L’adolescence. Avec ses colères, ses mystères et ses questions. Nous avons tous eu le désir d’un monde meilleur et nous avons luté avec nos limites. Dans ce texte, on parle de la famille. On parle d’angoisse. De la peur. De l’autre. Des mots se déversent. Des questions se posent. De qui et quoi héritons-nous, depuis notre naissance ? Qui sommes-nous ? D’où vient-on ? Vers ou va-t-on ? Porté par un chœur de jeunes gens, ce texte est un témoignage d’une génération actuelle. Une génération qui cherche son futur. Qui se construit sur une histoire chargée. Comment garder son innocence, sa candeur dans un monde qui semble nous pousser vite à devenir des « grands » ? Plus le temps de la réflexion, plus le temps du partage. Et ça s’accélère. Et ça s’accumule. Nous sommes des machines connectées en permanence à un réseau. A partir de là, la solitude s’installe, l’enfermement grandit et l’illusion de la communication n’est qu’un écho à ce manque de réel. On devient vite des adultes. On commence vite à donner des ordres. On commence à décider pour les autres. On vieillit dans nos esprits et on se construit en fonction de la norme.
Eugen Jebeleanu
Dans le cadre de Paroles d’Europe, cycle de lecture de Chantiers d’Europe
Production Théâtre de la Ville
En partenariat avec le Centre Hellénique
traduit du grec par Christine Avgeris
par Eugen Jebeleanu
avec des élèves du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique
Marilou Aussilloux, Camille Constantin, Aurélien Feng, Etienne Galharague, Amandine Gay, Lucile Jegou, Malek Lamraoui, Emma Meunier, Charlaine Nezan, Mathieu Perotto
LAYLA, à présent, je suis au fond du monde
Partir. Un matin, prendre la route. Elle n’a pas vingt ans, elle sort de chez elle. Elle ne dit rien à ses parents. Au hasard, elle prend un train. Ce n’est pas une fuite. Un départ peut-être, mais sans but. Les médecins parleront plus tard de voyage pathologique, poseront des diagnostics, proposeront des traitements. Elle, elle dira simplement que pour la première fois, elle se savait vivante. Écrire cette traversée, cet affrontement au monde embrassé entièrement et cette plongée dans la ville hostile et en soi-même, c’est retrouver la voix qui nous a été confiée, et c’est vouloir la libérer de nouveau.
Il y a huit ans déjà, Layla nous a confié son histoire, qui n’est pas notre histoire mais qui est l’histoire de notre monde et de notre possibilité de l’habiter. C’est pourquoi nous l’écrivons ensemble. Metteur en scène et dramaturge. Nous l’écrivons avec cette voix déposée en nous comme un secret, ou comme un pacte. Celui qui lie la vie à l’insulte qu’on adresse au monde pour devenir vivant. Nous l’écrivons avec les folies qui nous peuplent. Avec la puissance de tous les départs. Avec ceux qui sont allés jusqu’au fond du monde, dans Aden comme auprès des Tarahumaras, pour trouver de quoi en finir avec l’identité pauvrement originelle ; ceux qui ont cherché à se donner naissance en se brûlant au feu du réel qui nous consume.
Car le feu que l’on allume en soi nous vient toujours du dehors.
Arnaud Maïsetti, Jérémie Scheidler
Production compagnie La Controverse
avec le soutien du CCAM-Scène Nationale de Vandœuvre-lès-Nancy, du Théâtre de Vanves, du Théâtre-Studio d’Alfortville – Studio des Arts Numériques, du Vivat-Armentières, du Relais – Centre de recherches théâtrales
Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un compagnonnage (dispositif de la DGCA) entre Jérémie Scheidler et Dieudonné Niangouna
par Jérémie Scheidler
avec Boutaïna El Fekkak
Angleterre, Angleterre
Dans Angleterre, Angleterre, la misère est exploitée par d’autres miséreux. Un passeur dans la jungle de Calais « rend service » et tire profit de la situation. La barque, le camion réfrigéré. Comment passer d’une jungle à l’autre ? Entasser des migrants entre deux mers. Concentrer des vivants dans des camps. Gazer les enfants aux frontières. Entre deux jungles : payer ou disparaître.
Faut-il hiérarchiser la misère ? Compter les embarcations de fortune ? Regarder passer. Une barque de ce côté-ci vaut-elle moins qu’un bateau de ce côté là ? Fuir la guerre et se rater en Méditerranée… Elle est où l’Europe ?
Et si le théâtre nous permettait d’ouvrir les yeux et d’assister au spectacle les yeux ouverts jusqu’au bout ? Et si le rire convoqué par Aiat Fayez nous aidait à passer à l’action ?
Texte à paraître chez L’Arche Editeur.
Aiat Fayez est représenté par L’Arche, agence théâtrale.
Production garçon pressé, Théâtre Ouvert
avec le soutien du JTN
avec Zohra Benali, Daniel Delabesse, Loïc Riewer, Mohamed Rouabhi
