Type de spectacle : Mise en voix
C’est ma maison
Un certain Robert dont tout le monde parle, un être plutôt glissant, nocturne, invite une jeune fille dans sa maison, où vivent deux femmes dont l’existence a sombré depuis longtemps dans la torpeur et l’isolement. La maison, aux jeux d’ombres et recoins,
abrite les secrets d’une cohabitation impossible.
Dans le bar, autour d’un verre, les discussions sur Robert entre les clients et le barman vont bon train, alors que la serveuse, plus réservée, détient le souvenir d’un événement difficile à raconter. Dans une ambiance de polar ou de film noir, « C’est ma maison » met en place deux mondes, celui, public, de la société, et celui, intime de la famille, qui ont pour l ien le personnage de Robert.
Mise en voix par Simon Delétang
avec Daphné Biiga Nwanak, Mélody Pini, Ferdinand Regent, Yanis Skouta, Paul Fougere, Ysanis Padonou – élèves acteurs et actrices du Groupe 44 de l’École du TNS
Convulsions est le troisième volet d’une trilogie intitulée Face à la mort.
Il revisite un épisode de la « Tragédie des Atrides » où Atrée et Thyeste assassinent leur demi-frère ; torture, infanticide, adultère, vengeance, exil, chœur antique entonnant La mort est une fête… Tout est là pour une action qui se déplace d’un terrain de basket à un aéroport, destination America.
Mise en voix par Rémy Barché
avec Océane Cairaty, Romain Gneouchev, Romain Gillot Ragueneau, Elphège Kongombe Yamale, Claire Toubin – élèves acteurs et actrices de l’École du TNS
Par les routes
Par les routes est un poème routier. Un parcours deux à travers une partie de l’hexagone. Rien ne relie ces deux hommes si ce n’est cette seule information : ils viennent l’un et l’autre de perdre
leur mère. Ils quittent l’Ile-de-France, prennent des autoroutes, traversent des forêts, campent sur des aires de pique-nique, déjeunent à l’hôtel et croisent n certain nombre de personnes qui sont elles aussi en « mal de mère ». La perte de la mère comme
une convention du hasard serait le seul point d’aimantation de ces rencontres furtives.
Mise en voix Grégoire Strecker
Avec Julien Ziegler, Nastassja Tanner
De terre de honte et de pardon
Le jeune David, enfant, revisite son histoire. Il redonne voix aux souvenirs d’une vie familiale marquée par la violence et par le deuil et il évoque sa découverte des écritures, sacrées et profanes.
Dans son carnet, refuge salvateur, l’enfant écrit ou recopie des phrases. Les mots deviennent ainsi fondateurs de l’être en devenir et un dialogue se tisse entre les mythes bibliques et ce qu’il vit.
Construit par vagues, par boucles et par ellipses, De terre de honte et de pardon avance à la manière d’un psaume. Cette traversée d’un récit familial est aussi celle de l’héritage des Écritures.
à paraître en janvier 2018 aux Editions Espaces 34
avec Pierre-Félix Gravière
musique et création sonore Guillaume Léglise
La Traductrice
– Suzanne est morte, à l’angle de la rue Lecourbe et de la rue Cambronne.
– Je sais.
– C’est un drôle d’endroit pour mourir, non ?
Un homme reçoit un coup de téléphone, qui le somme de se rendre immédiatement à l’hôpital : sa femme vient de mourir, renversée par une moto.
Quelques mois plus tard, une question l’obsède : sa femme est morte à l’angle de la rue Lecourbe et de la rue Cambronne, en plein après-midi. Leur appartement, son travail, étaient à l’autre bout de Paris. Que pouvait-elle bien faire dans ce quartier ?
Mise en voix Marie Charlebois
avec Marie-Sohna Condé, Geoffrey Dahm, Jérémie Edery, Hiba El Aflahi, Marthe Fieschi, Émilie Incerti-Formentini, Hubert Lemire
Que nos vies (aient l’air d’un film parfait)
J’aimerais dire. Te dire à toi.
Ou t’écrire.
Tu n’es pas là et c’est toujours à toi que je parle.
Je t’écris depuis un endroit
D’une zone sensible aléatoire.
On y parle d’endroits
D’un théâtre des opérations à venir
De territoires aux contours mouvants
avec des frontières tracées à main levée
Un croquis de maisons, de soleil ou de nuages avec des chemins et des bonhommes
Un schéma technique très précis exécuté avec de très gros feutres.
Des personnages n’ont en commun qu’un territoire mouvant, où ils stationnent et se déplacent côte à côte. Un groupe d’artistes déboule dans ce paysage. Ils ont en poche la clef d’un lieu de travail en périphérie d’une petite ville, derrière un parking derrière un bowling. Ils racontent ces lieux qu’ils sillonnent. Ils témoignent des mutations, petits frottements ressentis au quotidien et qui un jour deviennent un changement palpable. Le paysage que l’on recompose, celui qui nous change, nous bloque. Et qui pourrait devenir la pièce qu’ils joueraient aujourd’hui.
Mise en voix Marie-Josée Bastien
avec Marie-Sohna Condé, Geoffrey Dahm, Jérémie Edery, Hiba El Aflahi, Marthe Fieschi, Émilie Incerti-Formentini, Hubert Lemire
Ce qui nous reste de ciel
À travers l’histoire de deux fratries, je m’interroge sur notre capacité de croyance. La croyance dans ce qu’on voit et qu’on est seul à croire. Seul à voir. Comment croit-on ? Comment est-on cru ? Quelle porosité entre la folie et la foi ? Je m’interroge sur notre faculté supposée à pouvoir affirmer le vrai et le faux. Sur nos nécessités de transcendance. Sur nos refus du réel et l’appel de l’invisible. Je crois qu’écrire cette pièce sur la croyance c’est finalement écrire sur le doute. Et donc sur l’amour.
Extrait
LOUIS.
Je t’ai réveillé cette nuit
Pour que dans la nuit
Toi et moi
Nous soyons les seuls à savoir
Je l’ai trouvée
Tu m’écoutes?
L’équation du monde
ANTOINE.
Quoi?
LOUIS.
L’équation du monde je regrette déjà de t’en avoir parlé tu ne comprends pas ce que ça veut dire
Mise en voix Sylvain Bélanger
avec Jean Edouard Bodziak, Marie-Sohna Condé, Geoffrey Dahm, Jérémie Edery, Hiba El Aflahi, Marthe Fieschi, Émilie Incerti-Formentini, Manon Kneusé, Hubert Lemire, Baptiste Relat
John Doe ( I need a hero )
Un pavillon idéal / Un couple / Idéal /
un soir / Lui rentre du travail / Elle attend / a gardé le nourrisson /
la discussion dérape / dispute / rancœur / chacun rumine sa journée /
entre « baby blues » et « burn out » /
le lendemain matin à l’aube des gendarmes sonnent pour une perquisition…
C’est l’histoire d’un couple en crise, d’une traversée du désert….
C’est dans ce moment délicat que l’homme va faire imploser la routine en devenant sous le pseudonyme de John Doe lanceur d’alerte contre un cabinet d’audit et son implication dans des fraudes fiscales massives à travers les frontières. Quand le paradis n’est plus que « fiscal » c’est la descente aux enfers d’un couple… et peut-être l’occasion de se retrouver…
C’est donc l’autopsie d’un couple et d’un scandale mais aussi une réflexion sur cette société où l’homme ordinaire devient le dernier rempart contre des scandales financiers, éthiques, etc., au péril de sa vie de couple, familiale, professionnelle car s’impose à un moment donné l’arbitrage, le choix : dans quelle société voulons-nous vivre ? Et pourquoi l’homme ordinaire devient-il ce dernier rempart ? Qu’est-ce que cela révèle des maux de nos sociétés, de nos politiques, de nos démocraties…?
Mise en voix Geoffrey Gaquère
avec Baptiste Relat, Manon Kneusé, Marie-Sohna Condé, Jean-Édouard Bodziak, Hiba El Aflahi, Geoffrey Dahm
Lettres non-écrites
« Si vous avez un jour voulu écrire une lettre à quelqu’un de cher sans jamais le faire, parce que vous n’avez pas osé, pas su, pas pu, ou pas réussi à aller jusqu’au bout, racontez-la-moi et je l’écris pour vous.
Nous passerons 35 minutes ensemble pendant lesquelles vous me raconterez cette lettre non-écrite.
Je passerai ensuite 45 minutes à l’écrire pour vous. Une fois la lettre écrite, je vous la lirai.
Si elle vous convient vous pourrez la garder (sous quelque forme que ce soit), et si non, je l’effacerai et n’en garderai pas trace.
Enfin, si elle vous convient et que vous acceptez j’en ferai peut-être quelque chose sur un plateau de théâtre. »
C’est à partir de ce postulat que j’ai pu écrire une première série de lettres au printemps 2016, pour un groupe de spectateurs volontaires dans le cadre d’Occupation Bastille, projet mené au Théâtre de la Bastille par Tiago Rodrigues.
Je m’entoure aujourd’hui d’une partie de l’équipe de création de la Compagnie Lieux-Dits et de la comédienne Margot Alexandre pour proposer une traduction scénique de certaines de ces lettres dans une lecture mise en espace.
C’est le début d’un projet au long cours, et d’une collecte d’autres récits que nous porterons au plateau dans les années à venir.
Une façon de dire que les lieux de représentations contiennent ça aussi, la possibilité de venir parler, se faire écrire quelque chose, et s’entendre avec soi dans le monde par l’entremise des gens qui habitent les théâtres.
David Geselson
Production Cie Lieux-dits, Théâtre Ouvert
avec David Geselson, Margot Alexandre
lumières Jean-Gabriel Valot
vidéo Jérémie Scheidler
Mon corps n’obéit plus
« Dans pas longtemps mon corps sera une clameur, mon corps sera un million. »
J’éprouve depuis le plus jeune âge l’indocilité de mon corps. Et contrairement à ce que mon entourage pouvait espérer, la maturité n’a rien arrangé. Aujourd’hui encore, mon corps refuse obstinément de se plier aux consignes qui prolifèrent dans nos vies, et notamment à celle-ci : apprendre à rester à sa place et à ne pas dépasser les limites.
En me lançant dans l’écriture, j’ai décidé cette fois-ci d’être plus que jamais à l’écoute de mon corps. Persuadé au fond qu’il ne me laisserait pas tomber face à cette question qui l’obsède autant que moi : comment faire pour ne pas se laisser happer par une langue et par des formes déjà vues, déjà épuisées, déjà mortes ?
C’est ensemble que nous avons écrit ces quelques poèmes du débordement.
Mon corps n’obéit plus est paru en 2017 aux éditions Nous
par Stanislas Nordey
