Type de spectacle : Spectacle / CRÉATION 2027
Ce qui s’est tu
« Pourquoi on ne dit jamais les choses ? »
Voilà la question toute simple, posée par mon filleul, qui est à l’origine de ce texte. Nous évoquions ensemble les difficultés auxquelles l’avait exposé sa jeune existence. Son père s’est suicidé en 2018 alors qu’il avait 5 ans. A peine rendu aux portes de l’adolescence, il avait exprimé à son tour l’envie de mourir.
Cette pièce s’apparente à une prière qui lui est adressée, et dans laquelle les souvenirs se mêlent aux songes, la mémoire s’offre à l’imaginaire, le fictif s’accouple au réel, pour tenter d’intervenir dans la mécanique mortifère du découragement. Au-delà de l’histoire intime qu’elle déploie, c’est le rapport à la transmission qui est mis au travail. Découpée en 6 chapitres, comme les stations d’un chemin de croix emprunté à l’envers, la pièce superpose l’archive, la littérature, le théâtre, à la manière d’un palimpseste, pour proposer une réécriture de la blessure. Le geste qui motive l’exposition de cette intimité n’est pas de prendre la parole comme on prendrait le pouvoir sur le cours tragique des choses, mais au contraire de la rendre à ce qui s’est tu. A ce qui, à force de se taire, a fini par tuer.
EXTRAIT
Relais 3 :
Au-delà de la stupéfaction et de la joie immense de te savoir au monde,
C’est un sentiment de gravité qui s’est imposé tout de suite.
Témoin :
Ton père y a largement contribué, je ne te le cache pas.
En déposant ta minuscule présence au creux de mon coude
Il m’a fixé intensément pour me murmurer : « Tu sais ce que ça veut dire d’être parrain… »
Oui je savais.
Être le parrain du fils de ton père… Je savais. »
« Être l’enfant d’un parent qui se suicide, c’est potentiellement grandir dans le sentiment de n’avoir pas été « suffisant ». Et c’est à cette idée mortifère qu’il faudrait pouvoir tordre le cou.
C’est là que la nécessité de faire un spectacle s’est imposée. Car s’il faut « tout un village pour élever un enfant » il est probable que l’inverse soit tout aussi vrai : il faut parfois le destin d’un enfant pour élever la communauté à la hauteur des grandes questions qu’elle devrait soulever.
Que nous raconte collectivement le fait qu’un enfant veuille mourir ?
Où est-ce que cela nous interpelle en tant que société ?
Quelle limite, quelle fragilité de la condition humaine, cela met-il en lumière ?
Et si le théâtre ne peut malheureusement pas grand-chose pour Baden, je veux croire qu’il puisse être, à cette occasion, un lieu où l’on dépose des mots à son attention, comme on déposerait les armes face à notre sentiment d’impuissance. Il ne s’agit plus de résister à notre défaite annoncée, mais de nous admettre en tant qu’entités faillibles.
A travers ce texte j’ai voulu rendre hommage à celles et ceux qui espèrent tout autant qu’à celles et ceux qui ne peuvent plus espérer, afin que la vie soit toujours autorisée à circuler des un.es aux autres. » – Baptiste Amann
TOURNÉE
CRÉATION du 2 au 5 mars 2027 au tnba – Théâtre national de Bordeaux Aquitaine
du 22 mars au 3 avril – Théâtre Ouvert, Centre National des Dramaturgies Contemporaines
6 et 7 avril 2027 – Scène nationale du Sud-Aquitain
©Pierre Planchenault
PRODUCTION L’ANNEXE
COPRODUCTION tnba – Théâtre national de Bordeaux Aquitaine ; Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines avec le soutien de la Région Ile-de-France au titre de l’EPAT ; Scène nationale du Sud-Aquitain ; Théâtre de l’Union – CDN du Limousin; Théâtre Jean Lurçat scène nationale d’Aubusson
DIRECTION DE PRODUCTION Morgan Helou
ADMINISTRATION Elisa Miffurc
L’ANNEXE est conventionnée par le Ministère de la Culture / DRAC Nouvelle-Aquitaine, subventionnée par la Ville de Bordeaux et la Région Nouvelle-Aquitaine.
Baptiste Amann est associé au Méta CDN de Poitiers Nouvelle-Aquitaine ainsi qu’au tnba – Théâtre national de Bordeaux Aquitaine.
Texte et mise en scène Baptiste Amann
A paraître aux éditions Actes Sud-Papiers
Collaboration artistique Amélie Enon
Assistanat à la mise en scène Madalena Valencia, Mattéo Cresto
Avec Alexandra Castellon, Samuel Réhault, Lyn Thibault
Scénographie et création lumière Florent Jacob
Création son Antoine Reibre
Création des costumes Marine Peyraud
Régie générale Philippe Couturier
Construction décor ateliers du Théâtre de l’Union CDN du Limousin
A partir de 14 ans
LUN, MAR, MER À 19H30
JEU, VEN À 20H30
SAM À 18H
| Carte TO | ||
|---|---|---|
| Plein tarif | 20€ | 14€ |
| Tarif réduit | 14€ | 10€ |
| Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs | 8€ | |
| Associations, groupesà partir de 6 personnes | 8€ | |
| Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s) | 12€ | |
Portrait hypothétique de deux tueurs en série
Thierry P. et Jean-Thierry M. flambent, s’aiment et tuent. Dans le Paris des années 1980, ces deux amants, toxicomanes et rois de la nuit, assassinent des femmes âgées et installent la peur sur la ville, jusqu’à ce que la prison, pour l’un, et la mort, pour l’autre, les rattrapent. À partir de ce fait divers réel, Yacine Sif El Islam mêle archives, fiction et autofiction pour interroger les violences sociales, intimes et collectives qui traversent les corps.
EXTRAIT
AXEL :
La photographie le représente allongé sur le ventre, nu, sur le lit dans la lumière de l’après midi
Ils se sont rencontrés la veille au soir dans une boîte à la mode
les Bains douches, le Palace, le Paradis Latin, le BH
Disons le Palace
ADIL :
C’était le Paradis Latin
AXEL :
A cette époque on danse comme ça : (danse)
Les lasers du Palace brûlent la rétine de Guy Cuvas qui joue Ebonny game. Je l’ai repéré au bar avec son air sûr de lui qui crie qu’il est perdu
Je crois que c’est ça qui m’a accroché à lui
Son air d’enfant qui joue au grand
– Y a deux types de mecs qui m’impressionnent
Les vrais bourges qui en ont pas l’air
Et les prolos qui font semblant de faire partie de l’élite
Ils m’émeuvent
A ce moment là, ce mec accoudé au bar, avec sa clope au bec, qui regarde tout le monde de haut m’émeut
Son cul moulé dans ses jeans blancs m’émeut aussi
Je me cale à côté de lui : “Ça va Soeur Sourire ?”
Il soulève un sourcil, il me dit “ On se connaît?”
Je lui souris je lui dis :“ Pas encore”
Il se détend un peu, il me rend mon sourire
“je te paye un verre ?”
J’avais bien vu qu’il faisait traîner son verre parce qu’il pouvait pas s’en payer un autre
NOTE D’INTENTION
« […] Jean Thierry Mathurin
et Thierry Paulin.
Dans le Paris des années 80, ces deux amants ont tué des vieilles dames pour leurvoler leur argent.
La nuit ils dépensent cet argent dans les boîtes de nuits à la mode, ils rencontrent lesvedettes du moment, ils illuminent la piste de danse de leur charisme.
L’histoire dit : “Thierry Paulin le leader, qui a reconnu 28 meurtres, mort du SIDA avant d’être jugé”.
L’histoire dit : “Jean Thierry Mathurin,le suiveur, contraint et obéissant, condamné à trente ans de prison ».
Il y a la vérité judiciaire, il y a la réalité médiatique, il y a ce qu’on ne sait pas et qu’on imagine.
Il y a des couches de réalités fictives.
Et puis il y a nous. Il y a moi,
Axel
et Adil.
Nos corps jetés dans des fictions.
Nos corps et nos voix. Nos identités morcelées.
Notre rencontre, nos expériences, nos colères, nos débats, nos fêtes, notre amitié, notre fraternité.
Ils sont le miroir « qui n’est chaque fois ni tout à fait le même ni tout à fait un autre Et m’aime et me comprend ».
Alors il y a cette tentative de photographie.
Me photographier moi, photographiant Adil et Axel cherchant à savoir qui sont Thierry et Jean Thierry.
Essayer d’atteindre l’image.
Jouer de l’archive réelle ou fictive.
[…]
Ce projet n’est pas une tentative d’héroïsation, non plus que de disculpation, peut-être pas même de compréhension.
Mais montrer.
Donner à voir.Recomposer les morceaux d’un corps. De nos corps
Corps pauvres Corps pédés Corps métissés Corps en lutte Corps empêchés Corps contrariés
Et de nos vies.
Dresser le portrait de l’artiste en serial killer. » – Yacine Sif El Islam
TOURNÉE
CRÉATION 12 au 15 janvier 2027 au tnba – Thé^âtre national de Bordeaux Aquitaine
22 février au 6 mars – Théâtre Ouvert, Centre National des Dramaturgies Contemporaines
COPRODUCTION TnBA-Théâtre national de Bordeaux Aquitaine, Théâtre de l’Union Centre dramatique du Limousin, Le Méta-CDN Poitiers, Groupe Apache
SOUTIEN Les Avant-postes, NTB-CDN de Besançon, Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines, Maison Maria Casarès
ADMINISTRATION Framboise Thimonier
Ce texte est bénéficiaire d’une bourse à l’écriture de l’OARA
Texte et mise en scène Yacine Sif El Islam
Avec Axel Mandron, Adil Mekki
Regard extérieur Bénédicte Simon
Dramaturgie Elsa Cecchini
Création lumière et régie générale Bilal Dufrou
Création sonore Benjamin Ducroq
À partir de 14 ans
Attention : cette pièce comporte des effets stroboscopiques
LUN, MAR, MER À 19H30
JEU, VEN À 20H30
SAM À 18H
| Carte TO | ||
|---|---|---|
| Plein tarif | 20€ | 14€ |
| Tarif réduit | 14€ | 10€ |
| Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs | 8€ | |
| Associations, groupesà partir de 6 personnes | 8€ | |
| Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s) | 12€ | |
