Salle : Petite Salle
Grès (tentative de sédimentation)
Comment se transforme l’humiliation en colère ? Comment se produit l’instant décisif ? Lorsqu’un corps décide de passer à l’action, de monter dans un bus pour lancer des pavés à la capitale.
Grès est le récit d’une voix. Celle-ci se raconte, nous raconte. Sa trajectoire. De son travail, à sa voiture, les ronds-points, la nationale, la maison, les repas avec sa moitié et ses enfants …
Grès est l’histoire d’une tentative de sédimentation. De tous ces petits bouts d’incompréhension, de rage sourde, qui forment à l’intérieur de l’estomac une pierre dure et solide.
Grès est l’histoire de cette pierre. De cette pierre sortie du ventre du ressentiment.
« Les comme moi avaient connu les longues routes
Les bouchons interminables
Les gueguerres entre juilletistes et aoûtiens
Les vacances au bord de mer aligné·e·s comme des tombes Des corps polis qui sourient à la glacière
Fanta Coca Light
Consommer nous rendait vivant·e·s
Les karaoké sur une plage désertique qui lavaient nos plaintes
Les comme moi avaient connu ces moments éblouissants
Qu’illes se ressassaient en boucle à la reprise du travail
Attendant l’été prochain ou l’hiver suivant
En déplorant les morts qui n’y auraient pas droit
Et parfois
Les comme moi se délassaient dans de petites fugues quotidiennes Pour oublier un instant
L’éternel retour du pointage
du parking
de l’usine
du rendement »
Un spectacle musical
« Depuis gamin j’écoute du rap.
Depuis gamin mon écriture est attirée par la poésie urbaine.
Je découvre La canaille lors d’un concert il y a quelques années. Depuis, leurs chansons ne me quittent plus. Je rêve d’une association artistique avec le groupe. Je les rencontre. On échange. Nos visions du monde concordent, dialoguent. On décide de travailler ensemble.
Je propose à Valentin Durup (le musicien et compositeur du groupe) de rejoindre Emmanuel Matte (acteur) sur Grès. L’idée est de poursuivre le travail entrepris avec Neuf mouvements pour une cavale, monologue itinérant sur l’histoire du paysan Jérôme Laronze. Poursuivre avec une forme qui puisse être présentée dans des salles et s’adapter à tous types d’espaces non-théâtraux.
Artiste-associé à la Comédie de Clermont-Ferrand, il nous semblait en effet important de continuer à amener l’écriture contemporaine et nos spectacles, ailleurs que sur les plateaux théâtraux.
Grès prend donc la forme d’un monologue musical. Le texte, alternant récit et poème, se prête parfaitement à cette forme. Sur scène, l’acteur prend en charge le récit d’un vigile, accompagné par les créations musicales de Valentin Durup. La création-vidéo d’Antoine Briot dialogue, sous forme de projections et de mapping au sol, avec le récit, ainsi que les lumières de Juliette Romens. »
– Guillaume Cayet
TOURNÉE
>> 17 octobre : La Halle aux Grains, en coréalisation avec la ville de Brioude
itinérance Comédie de Clermont-Ferrand
>> 7 novembre : salle des fêtes de Saint-Pierre-Roche
en coréalisation avec Le Poulailler
itinérance Comédie de Clermont-Ferrand
REVUE DE PRESSE
À ÉCOUTER
France Culture, Fictions / Théâtre et Cie (1h) : à écouter ici.
À LIRE
Le Canard Enchaîné, 20 juillet 2022 : « Quelque chose se dérègle et prend forme, comme une colère. Guillaume Cayet, au texte et à la mise en scène, à une très belle trouvaille : son héros évoque les « comme moi ». On pense bien sûr aux gilets jaunes. Faire le plein de super, aller au boulot, remplir le Caddie, prendre le repas avec « ma moitié » et les enfants, tout ça. Les « comme moi » se rebellent et se retrouvent sur des ronds-points. Et lancent des pavés contre les vitrines. »
Détective sauvage, 19 juillet 2022 : « […] pour un temps suspendu, la colère devient hypnotique, le social rejoint l’existentiel, et la lutte devient encore plus nécessaire. Car le texte de Cayet est tout sauf une simple prise de parole à la première personne : véritable œuvre d’unification politique, elle aura tout de même éclairé avec une grande finesse structurelle et dramatique la sédimentation des forces populaires face à la domination des élites. »
Médiapart, 12 juillet 2022 : « Guillaume Cayet compose un théâtre résolument démocratique au service des sans voix, dont la radicalité n’est que la réponse modérée à l’expression d’une violence officielle inouïe qui culpabilise dans les discours, détruit dans les lois et mutile dans la rue. Dans une langue puissante proche de la tragédie antique, « Grès (tentative de sédimentation) », drame social, se fait conte fantastique pour évoquer très justement le déni national. Comment expliquer sinon par l’inconscient ce refus de voir la réalité ? »
Toutelaculture.com, 22 novembre 2021 : « Guillaume Cayet nous montre que pour se soulever face à un ordre jugé injuste, le combat est d’abord intérieur. Le pré-gilet jaune doit alors réapprendre à rêver tout en déconstruisant la morale intégrée.
A2S, Paris, novembre 2021 : « Ce spectacle prenant, plein d’intensité, prend appui sur un superbe texte de Guillaume Cayet : un récit en forme de monologue au plus près du réel, mais avec, de temps en temps, des envolées poétiques. ». À télécharger ici
© Pascal Aimar
PRODUCTION le désordre des choses
COPRODUCTION La Comédie de Clermont-Ferrand – scène nationale, La Ferme du Bonheur – Nanterre, Théâtre de Privas – scène conventionnée art et territoire, Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines, La 2deuche – espace culturel de Lempdes – scène régionale Auvergne Rhône-Alpes
SOUTIENS Région Auvergne-Rhône-Alpes, La Chartreuse – Centre national des écritures du spectacle – Villeneuve-lez-Avignon, Groupe des 20 Auvergne-Rhônes-Alpes
La compagnie est associée à la Comédie de Clermont-Ferrand – scène nationale pour les saisons 2019-2022.
Mardi, mercredi à 19h30
Jeudi, vendredi, samedi à 20h30
Texte et mise en scène Guillaume Cayet
Avec Emmanuel Matte (jeu) et Valentin Durup (musique live) en alternance avec Caetano Malta
Scénographie Salma Bordes
Création vidéo Antoine Briot
Création lumière Juliette Romens
Costumes Cécile Box
Régie Clémentine Gaud ou Nicolas Hadot
Tout public à partir de 15 ans
| Carte TO | ||
|---|---|---|
| Plein tarif | 20€ | 14€ |
| Tarif réduit | 14€ | 10€ |
| Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs | 8€ | |
| Associations, groupesà partir de 6 personnes | 8€ | |
| Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s) | 12€ | |
Bestiaire – Collection : lettres & expériences
Parler à un animal. C’est ce à quoi 5 chercheurs-interprètes ont consacré du temps. Lors de cette séance, ils font état de leurs recherches en nous restituant chacun une expérience fictive et une lettre, adressées à l’animal de leur choix. Ils tissent de nouveaux récits inter-espèce, retors à souhait, investissent et interprètent abusivement les réactions de l’animal, et hybrident leur voix avec la leur pour parler au-delà des mots.
© DR
Entrée libre sur réservation dans la limite des places disponibles.
Conception Florian Pautasso
Avec Stéphanie Aflalo, Elsa Guedj, Roman Kané, Aurélie Lannoy, Antonin Meyer-Esquerré
Lumières Philippe Ulysse
Administratrice de production Fanny Paulhan
POLICES !
Ce long poème de Sonia Chiambretto interroge toute l’ambiguïté de notre rapport à l’autorité, sans concession. Mot d’ordre, action brutale, polices de caractères, montage poétique. De la police de proximité dans les quartiers aux émeutes dans les grandes villes du monde, de la manifestation pacifique des Algériens à Paris en octobre 1961 au survol des drones sur les zones dites « sensibles », du témoignage d’une candidate au concours d’entrée au sein de la Police nationale à la patrouille d’un robot-policier dans les rues de Dubaï…
Texte et lecture-performance Sonia Chiambretto
Sonia Chiambretto est représentée par L’Arche, agent littéraire.
Évaporation(s)
Dans Évaporation(s), on s’attache au rythme des mots et à leur sonorité. Une exploration sensible de la langue qui nous laisse percevoir l’absence.
Au fil des saisons, T le fils, N la soeur du fils et S l’oncle du fils se questionnent. Il y a aussi une amie qui parle mais qui n’écoute pas. Une mère dont on parle mais qui n’est pas là et un père qui laissera une trace.
© DR
Entrée libre sur réservation dans la limite des places disponibles.
Production Cie Man Haast, Théâtre Ouvert
Texte Camille Nauffray
Mise en voix Tommy Milliot
Avec Matthias Hejnar, Miglen Mirtchev, Aude Rouanet, Sarah Cillaire
Wunderkind
Au pied d’une falaise du sud de l’Angleterre, au milieu du jour, un petit groupe d’adolescents se met à évoquer Noah, mort dans des circonstances tragiques, sans doute ici même, dans un passé récent.
L’un après l’autre s’engage dans un dialogue mutilé, à sens unique : cette forme de rituel cathartique qui consiste à parler à celui qui n’est plus là pour entendre.
Il paraît que toute chose tire sa vie d’une autre.
« Noah, tu étais un doux rêveur encore plein d’illusions, plein d’innocence.
Un adolescent sans histoire, aux cheveux et à la peau dorés.
Je pense que tu devais être le seul blond aux yeux verts de tout
le lycée. Tu te passais tout le temps la main dans les cheveux,
qui te retombaient tout le temps devant les yeux. Tu surgissais
parfois de nulle part comme une apparition. Et parfois tu
redisparaissais aussi vite, comme une vision. »
Wunderkind, est publié en avril 2021 dans la collection Tapuscrit, a été présenté sous forme d’extraits lors de performances de l’auteur notamment en septembre 2020 à La Chartreuse de Villeneuve lez
Avignon.
Production Théâtre Ouvert-Centre National des Dramaturgies Contemporaines
Coproduction avec Bibliocité dans le cadre d’un programme de la Région Ilede-France
Entrée libre sur réservation dans la limite des places disponibles.
© Simon Diard
Mise en scène, création sonore
Simon Diard
Interprétation
Clara Choï
Baptiste Dupuy
Alice Jalleau
Etienne Thomas
Article 353 du code pénal
Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d’être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l’ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec.
Il faut dire que la tentation est grande d’investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. Encore faut-il qu’il soit construit.
……..
« Sur aucune mer du monde, même aussi près d’une côte, un homme n’aime se retrouver dans l’eau tout habillé – la surprise que c’est pour le corps de changer subitement d’élément, quand l’instant d’avant le même homme aussi bien bavardait sur le banc d’un bateau, à préparer ses lignes sur le balcon arrière, et puis l’instant d’après, voilà, un autre monde, les litres d’eau salée, le froid qui engourdit et jusqu’au poids des vêtements qui empêche de nager. »
Le texte est publié aux Éditions de Minuit
Grand prix RTL Lire 2017
Prix François Mauriac 2017 (Région Nouvelle-Aquitaine)
par et avec Olivier Veillon
collaboration Anne-Sophie Sterck
De terre de honte et de pardon
Le jeune David, enfant, revisite son histoire. Il redonne voix aux souvenirs d’une vie familiale marquée par la violence et par le deuil et il évoque sa découverte des écritures, sacrées et profanes.
Dans son carnet, refuge salvateur, l’enfant écrit ou recopie des phrases. Les mots deviennent ainsi fondateurs de l’être en devenir et un dialogue se tisse entre les mythes bibliques et ce qu’il vit.
Construit par vagues, par boucles et par ellipses, De terre de honte et de pardon avance à la manière d’un psaume. Cette traversée d’un récit familial est aussi celle de l’héritage des Écritures.
à paraître en janvier 2018 aux Editions Espaces 34
avec Pierre-Félix Gravière
musique et création sonore Guillaume Léglise
Que faire des classes moyennes ?
Au cas où ça intéresserait encore quelqu’un, en cherchant bien, j’ai trouvé une explication supplémentaire au fait que je parle de la classe moyenne plutôt que de la classe ouvrière, qui vient du fait que l’expression « classe ouvrière » n’excite plus grand monde, visiblement, alors qu’il y a foultitude de documentation récente disponible sur les classes moyennes, dont ce texte porte témoignage, foultitude suscitée en partie par la nécessité de redire chaque fois ce que pourrait bien être la classe moyenne, car personne ne le sait spontanément.
Le texte est publié aux éditions P.O.L
par Olivia Grandville
regards extérieurs Camille Grandville, Manuel Vallade
Chroniques des invisibles
À partir d’un montage d’extraits de Chroniques des invisibles, cette lecture musicale revient sur la rencontre improbable entre deux univers – celui du théâtre et de ses feux, celui de la clandestinité et du combat pour sortir de l’ombre – et sur le parcours initiatique commun qui en a découlé. Parfois vocale, parfois synthétique, la voix musicale dialogue avec celle de de l’autrice et celle de la comédienne. Elle se fond dans le récit ou le bouscule, matière entre les lignes, bulle de souvenir où se donnent à entendre les invisibles. C’est une lecture poétique et musicale sur les porosités de notre époque, les questionnements qu’elle précipite, la conversion du regard qu’elle exige plus que jamais de nous. L’occasion de questionner poétiquement les politiques d’hospitalité de notre société.
………………
Ils sont les invisibles, ceux que l’administration ne veut pas voir, ceux qu’on parque ou qu’on chasse, ceux qui se lèvent tôt et qui rentrent tard, qui habitent des campements ou des squats insalubres. Ils vivent ici. Ils travaillent ici. Mais ils sont privés d’espace public, évitent les lieux où sont les Blancs et ne fréquentent pas les cafés, les parcs, les cinémas ou les théâtres, par peur des rafles et des contrôles. Parce qu’ils sont sans papiers et sans toit, ils sont sans voix et sans visage.
Ils habitent une ville qui double les coutures de celle que d’autres arpentent au grand jour, librement.
En mai 2015, huit d’entre eux ont pris le risque de venir en pleine lumière. Eux, ce sont les « quatre-vingts d’Auber », les habitants d’un squat situé au 81, avenue Victor-Hugo, à Aubervilliers. C’était leur adresse, c’est devenu un spectacle et l’histoire d’une lutte pour la régularisation.
Récit littéraire et enquête anthropologique, Chronique des invisibles raconte cette aventure depuis les premières inquiétudes jusqu’à l’étrange vertige du succès. Il fait le récit de cette création et de cette lutte de deux années qui les aura conduits du squat au Festival d’Avignon.
Le texte est publié aux éditions Le passager clandestin
de et par Barbara Métais-Chastanier
création musicale Sarah Métais-Chastanier
avec Julie Moulier, Sarah Métais-Chastanier
La vie n’est pas une chose facile
La vie n’est pas une chose facile de l’autrice grecque Georgia Mavraganis parle d’un âge que nous avons tous vécu. L’adolescence. Avec ses colères, ses mystères et ses questions. Nous avons tous eu le désir d’un monde meilleur et nous avons luté avec nos limites.
Dans ce texte, on parle de la famille. On parle d’angoisse. De la peur. De l’autre. Des mots se déversent. Des questions se posent. De qui et quoi héritons nous depuis notre naissance ? Qui sommes-nous ? D’où vient-on ? Vers où va-t-on ?
Porté par un chœur de jeunes gens, ce texte est un témoignage d’une génération actuelle. Une génération qui cherche son futur. Qui se construit sur une histoire chargée. Comment garder son innocence, sa candeur dans un monde qui semble nous pousser vite à devenir des « grands » ? Plus le temps de la réflexion, plus le temps du partage. Et ça s’accélère. Et ça s’accumule. Nous sommes des machines connectées en permanence à un réseau. A partir de là, la solitude s’installe, l’enfermement grandit et l’illusion de la communication n’est qu’un écho à ce manque de réel. On devient vite des adultes. On commence vite à donner des ordres. On commence à décider pour les autres. On vieillit dans nos esprits et on se construit en fonction de la norme.
Eugen Jebeleanu
En partenariat le Centre Culturel Hellénique, le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique
traduit du grec par Christine Avgeris
par Eugen Jebeleanu
avec des élèves du CNSAD : Birane Ba, Camille Constantin, Aurélien Feng, Etienne Galharague, Bénédicte Mbemba, Emma Meunier, Charlaine Nezan, Mathieu Perotto (distribution en cours)
