Ce qui s’est tu

Du 22 mars au 3 avril

« Pourquoi on ne dit jamais les choses ? »

Voilà la question toute simple, posée par mon filleul, qui est à l’origine de ce texte. Nous évoquions ensemble les difficultés auxquelles l’avait exposé sa jeune existence. Son père s’est suicidé en 2018 alors qu’il avait 5 ans. A peine rendu aux portes de l’adolescence, il avait exprimé à son tour l’envie de mourir.

Cette pièce s’apparente à une prière qui lui est adressée, et dans laquelle les souvenirs se mêlent aux songes, la mémoire s’offre à l’imaginaire, le fictif s’accouple au réel, pour tenter d’intervenir dans la mécanique mortifère du découragement. Au-delà de l’histoire intime qu’elle déploie, c’est le rapport à la transmission qui est mis au travail. Découpée en 6 chapitres, comme les stations d’un chemin de croix emprunté à l’envers, la pièce superpose l’archive, la littérature, le théâtre, à la manière d’un palimpseste, pour proposer une réécriture de la blessure. Le geste qui motive l’exposition de cette intimité n’est pas de prendre la parole comme on prendrait le pouvoir sur le cours tragique des choses, mais au contraire de la rendre à ce qui s’est tu. A ce qui, à force de se taire, a fini par tuer.

EXTRAIT

Relais 3 :
Au-delà de la stupéfaction et de la joie immense de te savoir au monde,
C’est un sentiment de gravité qui s’est imposé tout de suite.
Témoin :
Ton père y a largement contribué, je ne te le cache pas.
En déposant ta minuscule présence au creux de mon coude
Il m’a fixé intensément pour me murmurer : « Tu sais ce que ça veut dire d’être parrain… »
Oui je savais.
Être le parrain du fils de ton père… Je savais. »
NOTE D’INTENTION
 

« Être l’enfant d’un parent qui se suicide, c’est potentiellement grandir dans le sentiment de n’avoir pas été « suffisant ». Et c’est à cette idée mortifère qu’il faudrait pouvoir tordre le cou.

C’est là que la nécessité de faire un spectacle s’est imposée. Car s’il faut « tout un village pour élever un enfant » il est probable que l’inverse soit tout aussi vrai : il faut parfois le destin d’un enfant pour élever la communauté à la hauteur des grandes questions qu’elle devrait soulever.

Que nous raconte collectivement le fait qu’un enfant veuille mourir ?
Où est-ce que cela nous interpelle en tant que société ?
Quelle limite, quelle fragilité de la condition humaine, cela met-il en lumière ?

Et si le théâtre ne peut malheureusement pas grand-chose pour Baden, je veux croire qu’il puisse être, à cette occasion, un lieu où l’on dépose des mots à son attention, comme on déposerait les armes face à notre sentiment d’impuissance. Il ne s’agit plus de résister à notre défaite annoncée, mais de nous admettre en tant qu’entités faillibles.

A travers ce texte j’ai voulu rendre hommage à celles et ceux qui espèrent tout autant qu’à celles et ceux qui ne peuvent plus espérer, afin que la vie soit toujours autorisée à circuler des un.es aux autres. » Baptiste Amann

TOURNÉE

CRÉATION mars 2027 – Théâtre Ouvert, Centre National des Dramaturgies Contemporaines
6 et 7 avril 2027 – Scène nationale du Sud-Aquitain

©Pierre Planchenault
PRODUCTION L’ANNEXE
COPRODUCTION 
tnba – Théâtre national de Bordeaux Aquitaine ; Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines avec le soutien de la Région Ile-de-France au titre de l’EPAT ; Scène nationale du Sud-Aquitain ; Théâtre de l’Union – CDN du Limousin; Théâtre Jean Lurçat scène nationale d’Aubusson
DIRECTION DE PRODUCTION Morgan Helou
ADMINISTRATION Elisa Miffurc
L’ANNEXE est conventionnée par le Ministère de la Culture / DRAC Nouvelle-Aquitaine, subventionnée par la Ville de Bordeaux et la Région Nouvelle-Aquitaine.
Baptiste Amann est associé au Méta CDN de Poitiers Nouvelle-Aquitaine ainsi qu’au tnba – Théâtre national de Bordeaux Aquitaine.

Texte et mise en scène Baptiste Amann
A paraître aux éditions Actes Sud-Papiers
Collaboration artistique Amélie Enon
Assistanat à la mise en scène Madalena Valencia, Mattéo Cresto
Avec Alexandra Castellon, Samuel Réhault, Lyn Thibault
Scénographie et création lumière Florent Jacob
Création son Antoine Reibre
Création des costumes Marine Peyraud
Régie générale Philippe Couturier
Construction décor ateliers du Théâtre de l’Union CDN du Limousin

A partir de 14 ans

LUN, MAR, MER À 19H30
JEU, VEN À 20H30
SAM À 18H

Durée : (estimée) 2h
Grande Salle
Carte TO
Plein tarif 20€ 14€
Tarif réduit 14€ 10€
Universités, lycées, collègesgratuité pour les accompagnateurs 8€
Associations, groupesà partir de 6 personnes 8€
Comité d'entreprise, adhérents Ticket-Théâtre(s) 12€