Vendredi 19 juin à 20h30

À partir d’interviews, de courriels, de SMS, de documents administratifs et d’autres sources «réelles», Mohamed El Khatib (re-)construit seul en scène le récit d’un deuil, celui de la mort de la mère.

Une « fiction documentaire » autour de la question des écritures de l’intime, pour une exploration des modalités de dialogue à partir de la notion de « débris » : débris de tout ce qui restera de nous (« nous » étant ici une mère et un fils après un événement définitif comme la mort), débris de langue maternelle, débris de langue théâtrale, débris d’écriture…

NOTE D »INTENTION 

 Je développe un travail autour des écritures de l’intime et tente d’en explorer différents modes d’exposition anti-spectaculaires. Au cours de ma recherche, à l’origine intitulée Conversation, je devais interroger le passage de la langue maternelle (l’arabe) à la langue théâtrale, à partir d’entretiens réalisés avec ma mère.

Le 20 février 2012, son décès (suite à un cancer du foie) a bouleversé mes intentions.
Cet «accident» a court-circuité le travail théâtral jusqu’à faire se confondre vie et œuvre.

Intitulée Finir en beauté mais toujours centré sur la question des écritures de l’intime, la création qui découle de ce processus de recherche à L’L tente d’explorer les modalités de dialogue à partir de la notion de « débris » : débris d’une relation, d’une histoire, d’un paysage, de tout ce qui restera de nous (« nous » étant ici une mère et un fils après un événement définitif comme la mort) ; débris de langue maternelle, débris de langue théâtrale, débris d’écriture (à la fois comme contenu et comme principe d’organisation de l’acte d’écrire).

De même que je n’ai jamais pu dissocier mon écriture du plateau, je n’ai jamais pu éviter d’apporter le réel tant sur scène que dans mon travail d’auteur. Dans mon théâtre, le document est un atout, un outil, l’essence même de ce qui va faire écriture et représentations. C’est le cas avec Moi, Corinne Dadat, pièce où je fais participer réellement une femme de ménage rencontrée par hasard.
Ici, avec 
Finir en beauté, cette logique est poussée à son paroxysme puisque le matériau principal tient à un événement à la fois exceptionnel et banal, en tous cas universel et totalement privé : celui de la mort de ma mère.

Dès lors, j’ai reconstruit une sorte de journal écrit – en partie sur des carnets – à partir du 20 février 2012,  jour de la mort de ma mère. A débuté alors un travail de mémoire, de deuil, qui s’attache à revisiter les lieux et le paysage après la bataille… Un travail en forme d’introspection mais surtout d’observation et de captation du réel afin de faire ressurgir des détails, des impressions, des souvenirs : il n’y a plus d’intermédiaires entre l’auteur, sa vie, son écriture et le spectateur. S’engage ainsi une conversation intime avec ma propre vie, mais aussi avec le médium théâtre lui-même : sans jamais avoir abordé jusqu’à présent frontalement l’autoportrait, ni m’être mis directement en scène, j’ai cette fois franchi le cap du plateau pour porter moi-même ce récit dans une dimension dès lors performative et singulière ; le temps d’une représentation, d’une communion pour partager avec un public cette parole fragile sur la question universelle du deuil. J’avais écrit dans mon premier texte, À l’abri de rien, que le monde se divise en deux parties égales, ceux qui ont perdu leur mère et ceux qui vont avoir mal de la perdre. Je partagerai cette expérience intime du deuil dont chacun pourra trouver un écho personnel.

Mohamed El Khatib

Les 3 coups

France culture – Les Nouvelles vagues

Zirlib

Production Zirlib
Coproduction Tandem Douai-Arras / Théâtre d’Arras ; montévidéo – créations contemporaines (Marseille) ; Théâtre de Vanves ; Centre Dramatique National Orléans/Loiret/Centre ; Scène nationale de Sète et du Bassin de Thau.
Avec l’aide à la production de l’Association Beaumarchais – SACD, le soutien à la création du Festival actOral, et le soutien du Fonds de dotation Porosus.

Finir en beauté a bénéficié de l’aide à la création du CnT.

Zirlib est un collectif porté par la Région Centre.
Mohamed El Khatib est accompagné par L’L – lieu de recherche et d’accompagnement pour la jeune création (Bruxelles).

Le texte est édité par L’L éditions 

Texte et conception Mohamed El Khatib

Environnement visuel Fred Hocké

Environnement sonore Nicolas Jorio

Durée : 50 min
Festival ZOOM à Théâtre Ouvert - Z.T.O#1

Mécanismes de survie en milieu hostile

Vendredi 19 juin à 19h30

L’auteure et Pierre Aviat (compositeur) ont conçu une lecture musicale et sensorielle de Mécanismes de survie en milieu hostile, où le paysage, les ombres, les cachettes, l’envie de fuir, le goût du jeu, la peur et le désir se projetteront, comme dans un film sans images, dans l’esprit du spectateur.

Mécanismes de survie en milieu hostile, se présente comme un roman en cinq chapitres, tous narrés à la première personne, un « je » qui va peu à peu dévoiler sa proximité avec l’auteur tout en maintenant à distance les pièges de l’autobiographie. 

Ces cinq actes mettent à l’épreuve une adolescente devenue jeune femme face à l’attente, la perte, le deuil, le silence, face à l’hostilité du monde extérieur puis au monde intérieur béant qui la condamne à s’inventer, avec les moyens du bord, des mécanismes de survie.
Dans ce roman labyrinthique, d’autres motifs s’entremêlent aux jeux du chat et de la souris de la narration. Ainsi chaque partie comprend-elle de brefs récits en italique – tirés de témoignages authentiques –  d’individus revenus de l’au-delà, à l’image de Tony R. ou Jacqueline S. ayant réchappé in extremis à la mort clinique, et dont les destins vont connaître d’incroyables bifurcations.

Comme dans les trois livres précédents d’Olivia Rosenthal, c’est par la friction de ces histoires annexes avec la sienne propre que le plus inavouable affleure, dans l’entre-deux d’une prospection documentaire et d’une réécriture de soi. On pourra lire Mécanismes de survie en milieu hostile comme un roman d’apprentissage, un thriller métaphysique, un récit d’épouvante ou un manuel d’exorcisme.

Ce roman âpre et lumineux soumet des matériaux intimes à une sublimation subtile et implacablement bouleversante.

EXTRAITS DE PRESSE

«C’est un livre troublant et beau. Fort. Prenant. Il relate un voyage courageux avec au bout l’espoir d’une paix.» Xavier Houssin, Le Monde des Livres

«Écrit dans une langue précise, et fort belle, le livre d’Olivia Rosenthal est construit comme un savant jeu de piste. Un texte puissant et exigeant.» Igor Capel, Le Canard Enchaîné

«Une étonnante variation sur le passage de la vie à la mort qui se mue en une introspection sur l’expérience de la perte et du deuil.» Jeanne Ferney, Le Magazine Littéraire

«Un texte-limite, hors du commun. Une aventure belle et effrayante.» Emily Barnett, Les Inrockuptibles

Editions Verticales

Télérama

Culturebox

le Magazine Littéraire

France culture – Les Bonnes feuilles

Culturopoing

D’Olivia Rosenthal

Avec Pierre AviatOlivia Rosenthal

Le texte est édité par les éditions Verticales 

Durée : 45 min
Petite Salle
jeudi 18 juin à 20h30

Un texte écrit quelques jours avant la représentation. En prise avec l’actualité, en réaction au bruit du monde. Deux voix qui se parlent sans face à face. D’un bout à l’autre du globe, de deux endroits où ça brûle. Deux êtres perdus dans le chaos contemporain, noyés dans l’actualité qu’ils subissent en direct.

Une correspondance virtuelle comme cri de résistance, comme tentative de raconter l’incompréhensible. Une écriture qui prend appui sur les images qui circulent sur internet au moment des faits pour créer une fiction poétique, pour transcender le réel immédiat. Comment avaler la cruauté du monde et surtout comment la transmettre ? Comment réagir à la violence médiatique ? Quels seront les événements ? Quels seront les endroits dont les deux personnages invisibles parlent ? On ne le sait pas encore. On le saura le jour où le premier mot du texte tombera. C’est l’actualité qui décidera.

Sur le plateau, juste l’auteure et un musicien. Pas de parole incarnée. Deux comédiens préenregistrés dialoguent, leurs voix sont mixées en direct. Le texte écrit pendant la semaine d’avant la représentation est porté par ces deux corps invisibles, on n’entend que leurs voix. L’auteure réagit par une écriture automatique en direct aux derniers événements du jour, elle réajuste le récit, elle articule la circulation de la parole et elle fait progresser l’histoire. Le musicien suit l’écriture en créant une musique improvisée. Un autre type de dialogue se crée entre les mots projetés sur l’écran et le son. Une multiplication de réactions par rapport à l’actualité.

Alexandra Badea

http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=5074131

avec le soutien du CnT

De et par Alexandra Badea

Avec Benjamin Collier (guitariste)

Durée : 50 min
Jeudi 18 juin à 19h30

Dans ces deux performances, Patricia Allio et Éléonore Weber prélèvent un échantillon de réel, souvent une expérience limite, à partir duquel s’engage une discussion autour d’un certain nombre d’inquiétudes morales.

Pour concevoir Prim’Holstein, les auteures sont allées rencontrer des agriculteurs en Ile-de-France.
La proposition s’appuie sur la description d’une performance qui n’a pas pu avoir lieu, avec un vieil acteur et une vieille vache, devenus tous deux improductifs.
À la place, mais aussi à partir de ce qui aurait pu avoir lieu, un texte projeté implique les spectateurs dans un réseau d’hypothèses et de questions qui les perturbent, les provoquent et les invitent à opérer un déplacement du regard.

Dans la seconde proposition, en cours d’écriture, les auteures examinent des images de guerre, vidéos extraites de ce que les pilotes de drones, d’hélicoptères et autres avions militaires enregistrent lorsqu’ils sont engagés dans des opérations de guerre chirurgicale.

Site Allio&Weber

Prim’Holstein a été créée au Centre Pompidou, dans le cadre du Festival Hors Pistes en janvier 2012

Production : association Allio & Weber, Centre Pompidou, Les Subsistances, (Grande Halle de la Villette) Parc de La Villette

Conception Patricia AllioEléonore Weber

Images Emmanuel Valette

Durée : 25 min
Petite Salle
Mercredi 17 juin à 20h30

De la police de proximité dans les quartiers, aux émeutes dans les grandes villes du monde, de la manifestation pacifique des Algériens à Paris en octobre 1961 au survol des drones sur les zones dites sensibles « grises », POLICES ! multiplie les points de vue et mixe textes de création et documents (archives, témoignages…).

Ce montage hétérogène invente dans une chronologie syncopée, dans le désordre apparent de ses fragments, une forme poétique d’une force singulière. Rejetant la linéarité d’une histoire ou d’une démonstration, il révèle de façon saisissante, par le simple jeu de rapprochements d’éléments initialement étrangers, toute l’ambiguïté de notre rapport à l’autorité.

La Cause littéraire

Entretien avec Sonia Chiambretto

Le texte est édité par grmx éditions

Sonia Chiambretto est représentée par L’Arche, agence théâtrale

De Sonia Chiambretto

Mise en voix par Vincent Thomasset 

Avec David Arribe, François Lewyllie, Anne Steffens, Vincent Thomasset

Durée : 50 min
Mercredi 17 juin à 19h30

L’auteure nous livre quelques extraits d’un texte inédit.

Entre un gratte-ciel et une autoroute aérienne, des personnages ensauvagés racontent, dansent, se battent et s’essoufflent au rythme d’une course effrénée et suspendue à travers l’histoire contemporaine d’une ville manifeste, Alger revue et corrigée par Le Corbusier. Une ville dystopique se superpose au réel. Des personnages fictifs, sauf ma cousine : Fella.

Sonia Chiambretto

«  PLAN LIBRE

Mon cœur s’affolait.

Il n’y avait plus que ça, le bruit des battements de mon coeur et des hélicos qui tournoyaient au-dessus des terrasses.

La mer restait sans vague : un mur d’eau dressé.

On ne pouvait plus s’échapper.

Ça se rapprochait (…) » 

http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=5027147

Entretien avec Sonia Chiambretto – Toute la culture

De et par Sonia Chiambretto

Durée : 40 min
Petite Salle
Samedi 13 juin à 20h30

Europe connexion suit l’itinéraire d’un assistant parlementaire ambitieux futur lobbyiste, des prémisses de son ascension au burn out. 

Tu aurais pu mettre ton intelligence dans des causes plus nobles, tu aurais pu faire de la recherche, tu aurais pu écrire des bouquins, tu aurais pu éclairer le monde, mais tout ça ne t’aurait pas donné tout ce pouvoir. Tu veux conduire. Tu veux conduire le monde par procuration. Tu aimes être le cerveau pervers de la machine qui tourne. Ce n’est pas que l’argent, c’est la soif de puissance. Tu veux être dans la loge des plus grands. 

Cette parole intérieure que nous fait entendre Alexandra Badea est celle d’un homme – prêt à tout pour satisfaire son ambition personnelle. Si nous ne connaissons pas son prénom, nous savons que cet homme occupe aujourd’hui un poste important dans la société européenne : lobbyiste. Après avoir été assistant parlementaire auprès d’une députée « Commission Environnement santé publique et sécurité alimentaire », cet énarque change de camp et intègre l’un des plus gros lobbies de ce marché juteux, parce qu’il a réussi à bloquer une loi qui ne leur était pas favorable.
Notre homme n’aura désormais plus le choix de faire machine arrière, il fait partie intégrante d’un système qu’il doit servir de son mieux pour les intérêts de son entreprise, quitte à mettre en danger la vie d’autrui, sa propre santé mentale et sa vie familiale.

En partant d’un fait réel de notre société – les lobbies et leur poids dans les décisions prises au Parlement européen – cette auteure nous propose une expérience théâtrale forte : dix séquences s’enchaînent où la voix intérieure de cet homme semble nous prendre à parti, sous la forme du pronom « tu ». La force dramatique de l’oeuvre d’Alexandra Badea réside dans cet art de placer le spectateur au coeur du système dans lequel il évolue afin d’en déceler tous les rouages, les enjeux et les perversités. Ce texte s’adresse de manière directe à chacun d’entre nous et résonne intimement avec la pression ressentie au coeur de l’entreprise dans un monde globalisé où les décisions prises à un endroit du globe ont des répercussions concrètes à l’autre bout de la chaîne.

Matthieu Roy

Le texte est édité par L’Arche Editeur 

D’Alexandra Badea

Mise en voix par Matthieu Roy

avec Philippe CanalesJohanna Silberstein

Durée : 1h
Samedi 13 juin à 19h30

MISS MONDE, ou comment les reines de beauté sont nées de la rencontre entre la bombe H et les maillots de bains sexy, le tout sur fond de guitares électriques grinçantes.

 

De Christophe Fiat

Recital de Christophe Fiat, écrivain et Vale Poher, musicienne 

Durée : 25 min
Petite Salle
vendredi 12 juin à 20h30

Ce n’est pas une pièce sur le 11 septembre. 
C’est le 11 septembre mis en pièce. 

Michel Vinaver – avril 2015
 

Le monde a changé, dit-on. Mais en quoi ? Une chose est sûre : les événements du 11 septembre 2001 ont révélé que notre monde, celui de l’Occident, est moins stable et plus vulnérable que nous ne le pensions. Certes, la destruction des Twin Towers à New York visait le cœur du système économique des États-Unis mais c’est, au-delà, tout le système politique et social des démocraties occidentales qui est atteint par cet attentat et ses répercussions.

Le texte est édité par L’Arche Editeur 

Remerciements au CENTQUATRE

De Michel Vinaver

Par le Collectif ildi ! eldi

Avec Sophie CattaniOdja Llorca, Grégoire Monsaingeon, Antoine Oppenheim 

Durée : 45 min
Festival ZOOM à Théâtre Ouvert - Z.T.O#1

L’amour la gueule ouverte (hypothèses sur Maurice Pialat)

Vendredi 12 juin à 19h30

La littérature et le cinéma ont souvent montré des femmes qui subissent la violence des hommes : battues, assassinées, violées, enfouies sous deux couches de terre glacées, Victimes Majuscules.

Chez Pialat au contraire, elles rendent coup pour coup, terriblement vivantes et insaisissables, échappant aux hommes qui veulent les arraisonner, les rabattre dans les grandes catégories habituelles (maman, putain, femme-enfant etc.). Entre la plaie ouverte de l’enfance et la vitalité désespérée, L’amour la gueule ouverte est une plongée dans le chaudron de sorcière qu’était la vie de Pialat – capable de transformer ses affects, ses terreurs les plus intimes, en films prodigieux et universels.

Les vies que nous raconte Alban Lefranc nous sont proches, vivantes, palpables. Dans l’étoilement de son écriture, chargée d’érotisme, on découvre Maurice Pialat. L’entrechoquement de ses mots forme des rendez-vous secrets où se dessine la complexité des êtres. Les faits, les gestes, les détails, qu’ils soient réels ou fantasmés, se mêlent et se recoupent : loin de brouiller les repères, ils donnent à la vie du cinéaste un relief nouveau.

Olivier Martinaud 

Blog Alban Lefranc

Libération

Mediapart

NOVA

France Culture, Les nouvelles vagues

Les Cahiers du cinéma

Libfly

Claro

Charybde 2, le Blog

 

Le texte est édité par hélium 

D’Alban Lefranc

Par et avec Olivier Martinaud 

Durée : 50 min
Petite Salle