vendredi 20 mai 2016 - 19h

« Mon mari, j’l’ai rencontré au Podium numéro 1, place de la République et c’était Dave qui était venu chanter. J’l’ai rencontré là au Podium numéro 1, place de la République, c’est vieux. Août 76. Un tour de moto et puis ça y est c’était bon. J’suis une grande fan de moto moi, et j’avais un ami y m’dit viens j’te présente mon pote et tout… ouais… puis voilà, un r’gard, tour de moto, pis voilà…

J’ai un coup de foudre. Donc, on se met en ménage. Je prends un appartement à mon nom. 18 ans j’ai ma fille. 21 ans j’ai mon gamin. 22 ans, j’ai mon deuxième gamin (rire) j’ai mes trois enfants à 22 ans et puis voilà. Après tu connais ton mari, tu t’dis ça y est bon ben ça va être la belle vie. Tu dis voilà la vie normale. La vie… tu vois l’truc super bien… blablabla et puis c’est pas ça du tout. Tu te rends compte que c’est pas ça. Et tu t’en rends compte quand il est trop tard que t’as trois enfants.

C’est avant qu’j’aurais dû m’en rendre compte. Et pas après… »

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Dans Hôtel Métamorphoses, on croise acteurs amateurs et professionnels qui chacun à leur manière répètent ou représentent une métamorphose d’Ovide.

Nous sommes d’abord à l’école de la Miséricorde où M. Gaillard a mis en scène des enfants dans une adaptation de Narcisse. On commente la représentation, une mère d’élève parle mythologie avec M. Gaillard, la conversation s’envenime…

Un détenu s’adresse à un mannequin qu’il a lui-même fabriqué, c’est une femme au réalisme troublant. Sous ses baisers le mannequin s’anime devant nos yeux, c’est Pygmalion.

Dans un lycée, M. Gaillard, encadre un atelier théâtre. Malgré lui, il se retrouve à jouer le rôle de Cinyras dont la fille Myrrha est amoureuse…

Ensuite, des acteurs professionnels débattent à propos du réalisme et de la vraisemblance. Peut-on jouer un prisonnier et comment ? Le metteur en scène propose alors d’improviser en faisant jouer aux acteurs le rôle de leurs propres père ou mère. L’une d’elle refuse, elle préfère interviewer la femme de ménage du théâtre. Elle apparaît alors sous les traits de cette femme. Son récit quasi documentaire fait place à la reconstitution de sa vie d’il y a 20 ans. Mais l’histoire est dynamitée et voici que Nicole, à travers son histoire même, devient Procné. Ici, le réel pourra prétendre à devenir fiction, quand de son côté, la fiction se donnera pour réelle. C’est cette dernière métamorphose que nous présenterons à Théâtre Ouvert.

Guillaume Vincent

 

Production Compagnie MidiMinuit, Théâtre Ouvert

avec le soutien de la Région Ile-de-France 

par Guillaume Vincent

dramaturgie Marion Stoufflet
scénographie François Gauthier-Lafaye, en collaboration avec James Brandily
lumière César Godefroy
musique Olivier Pasquet
son Géraldine Foucault
costumes Lucie Ben Bâta

avec Lucie Ben Bâta, Jean-Édouard BodziakEmilie Incerti FormentiniFlorence JanasAlexandre Michel

Durée : 40 min
Salle de la Coupole