Loud

Promotion 6 - 2018/21

Texte Pierre Koestel
Mise en espace Matthieu Roy

Avec Louis Albertosi, Mathilde Auneveux, Adèle Choubard, Maxime Crescini, Nine d’Urso, Orlène Dabadie, Suzanne de Baecque, Constance de Saint Remy*, Simon Decobert, Joaquim Fossi, Nicolas Girard-Michelotti*, Antoine Heuillet, Pierre-Thomas Jourdan, Oscar Lesage, Solène Petit, Rebecca Tetens, Noham Selcer*, Paola Valentin 
* parcours Auteurs

Pendant deux semaines, les étudiants de L’École du Nord s’emparent de la langue décalée de Pierre Koestel. Accompagnés du metteur en scène Matthieu Roy, et en complicité avec l’auteur, ils échangent, décortiquent et multiplient les tentatives autour du texte, pour se familiariser avec son univers, et pour en proposer une mise en espace qui se déroulera le 6 mars prochain à Théâtre Ouvert.
Cette mise en espace est l’aboutissement de séances de lecture de textes nouveaux et de rencontres avec les auteurs menées par Théâtre Ouvert depuis le début de leur cursus.

Loud retrace le parcours d’un jeune garçon, Kiddo, qui se cherche dans les méandres de l’adolescence, en même temps qu’il cherche à trouver sa voix. Grand rêveur et solitaire involontaire, il s’invente des histoires dans le noir de sa chambre et voudrait devenir « superstrass de la musique ». Mais son entourage le trouve plutôt chétif et renfermé. L’un de ses camarades d’école pense même qu’il a une voix trop « aigruë » pour être celle d’un homme. Ça n’en brise pas pour autant la volonté du jeune garçon qui, aidé de son ami imaginaire, Billy Wisdom, est prêt à tout pour se faire entendre et pour donner corps à son plus grand rêve.

Loud, c’est une quête éperdue pour se dire face aux autres, et pour revendiquer sa place dans un monde criblé par les injonctions et les étiquettes. C’est un conte qui commence comme un rêve, et qui prend progressivement des allures de cauchemar. C’est l’histoire d’une métamorphose toujours recommencée et inépuisable, à un âge où l’on ressent plus fortement que jamais l’urgence d’affirmer quelque chose de soi. Une histoire qui cherche à déformer la langue pour mieux la réinventer, en empruntant à l’adolescence sa tonalité si singulière.

 

KIDDO  –  Je gobe encore une inspire
Je me translationne dans le noir jusqu’à la centralité de la scène 
Je me plante dans mon micro
Puis je dis au monde
Que même si mes contours s’étroitent
Et qu’on croirait qu’un ciel d’orage va me tromber sur la face
Je suis pas d’une race d’insignifiance
Car dès que je déverrouille mes lèvres
Je vocalise une voix vocalement vocale de vocalité
Et je deviens l’unité de mesure entre le néant et l’envie
Extrait de Loud, de Pierre Koestel

 

 

Photos © Christophe Raynaud de Lage

Formation / transmission

Lire, rencontrer, professionnaliser sont les objectifs des ateliers qu’anime Théâtre Ouvert sur trois ans avec les élèves-comédiens de l’École du Nord et sur deux ans avec les étudiant.e.s du séminaire de Master professionnel Théâtre « Mise en scène et dramaturgie » de l’Université de Paris Nanterre.

Ce mois de février verra la réalisation de la dernière phase des cursus :

– Master Professionnel de l’Université Paris Nanterre : Les étudiant.e.s, après avoir passé l’année dernière à appréhender des nouvelles dramaturgies et échanger avec des autrices et auteurs, se mettent à la pratique de la mise en voix de pièces qu’ils ont choisies. Du 15 au 26 février à l’Université de Paris Nanterre, ils vont s’atteler aux répétitions de quatre textes, en présence des auteurs et autrices : Dénicher la Fabrique d’Hakim BahRingo de Stéphanie ChaillouSombre de Simon Diard et Évaporation(s) de Camille Nauffray.

– L’École du Nord : les élèves-comédien.ne.s sont invité.e.s à collaborer à une ÉPAT, un travail d’expérimentation au plateau du texte de Pierre KoestelLoud, qu’ils ont choisi parmi ceux lus pendant les deux années précédentes passées à découvrir des manuscrits et à rencontrer les autrices ou auteurs. Cette session sera dirigée par le metteur en scène Matthieu Roy et se déroulera en présence de l’auteur, du 22 février au 6 mars, au Théâtre du Nord puis à Théâtre Ouvert.

© École du Nord

Paradis artificiel : le cabaret des oxymores

automne 2020

OXYMORE, nom masculin. Figure de style qui réunit deux mots en apparence contradictoires.
Du grec oxús (intelligent, malin) et môrós (niais, idiot).

Ce ne fut pas si simple, mais nous l’avons fait. Durant des semaines, nous sommes resté.e.s « ensemble chacun chez soi ». Toutes et tous uni.e.s dans la solitude.

Tandis que le monde d’après et le monde d’avant se chamaillent encore l’espace et le temps, examinons ensemble cette curieuse époque de la contradiction, du paradoxe, voire de l’injonction à la liberté dans laquelle nous tentons chaque jour de prendre la parole, de donner sens, d’être en accord ou pas avec nos voix intérieures et publiques.

Pour ce cabaret nouveau genre, dix binômes d’autrices·d’auteurs québécois·e·s et francophones ont pris la parole autour de dix oxymores qui font écho au temps présent – mais en « absentiel », chacun dans sa géographie.

Leurs vingt paroles devraient bientôt nous réunir dans un même pays mental.

Jumelées en binômes outre-atlantiques des voix du Québec et du monde francophone rivalisent dans une joute poétique afin d’examiner ensemble notre curieuse époque de contradictions et de paradoxes…

Participants

Avec du Québec : Gabrielle Chapdelaine, Martin Bellemare, Émilie Monnet, Marie-Louise Bibish Mumbu, Emmanuelle Jimenez, Maxime Champagne, Éric Noël, Anne-Marie Olivier, Elkahna Talbi et Elena Stoodley

Et de l’Europe francophone : Sidney Ali Mehelleb, Julie Ménard, Nicolas Barry, Grégoire Vauquois, Françoise Dô, Antoinette Rychner, Pauline Haudepin, Sèdjro Giovanni Houansou, Hala Moughanie et Astrid Bayiha

Direction Marcelle Dubois, Fanny Brossard-Charbonneau

Dramaturgie Marc-Antoine Cyr

Musique et montage Fred Costa

Conception graphique Alice Picard