Retour sur notre inauguration au 159 avenue Gambetta

Théâtre Ouvert
Désormais, venez découvrir les auteur.rice.s de notre programmation et les nouveaux locaux de Théâtre Ouvert !
Le foyer et le patio sont ouverts au public en journée :
  • lundi : 11h30-13h30, 14h30-17h30
  • du mardi au vendredi : 10h-13h30, 14h30-18h30

Performance de Laurent Poitrenaux : déambulation à travers les 50 ans de publication des Éditions Tapuscrit | Théâtre Ouvert

 
 
©Christophe Raynaud de Lage
 
 
 

TÉLÉRAMA :  Réouverture de Théâtre Ouvert : “Le 20e est une base plus fructueuse pour nos missions que notre ancien quartier de Pigalle”

Le centre dramatique dévolu au renouveau de l’écriture théâtrale fête ses 50 ans et inaugure enfin son nouveau lieu au cœur du 20e arrondissement de Paris, loin des polémiques autour de son expulsion de la cité Véron, il y a trois ans. Rencontre avec Caroline Marcilhac, sa directrice.

Théâtre Ouvert, institution consacrée aux écritures contemporaines imaginée il y a tout juste cinquante ans par Lucien et Micheline Attoun, devenue centre dramatique national en 1988, avait été contrainte, par son bailleur privé, de quitter avant 2019 son lieu historique de la cité Véron (Paris 18e), derrière le Moulin Rouge. Françoise Nyssen, alors ministre de la Culture, avait décidé dès la fin janvier 2018 sa relocalisation sur le site de l’ancien Théâtre de l’Est parisien – devenu entre-temps Le Tarmac, scène dédiée à la francophonie.

Annoncée avant que cette dernière ne ferme la saison suivante pour d’impérieux travaux de rénovation (étanchéité, assainissement, isolation), la nouvelle avait provoqué une polémique sur le thème : pourquoi déshabiller l’un pour habiller l’autre, et n’avoir plus, à la fin, qu’un théâtre au lieu de deux ? À l’heure où Théâtre Ouvert rouvre enfin dans ses nouveaux locaux au 159 de l’avenue Gambetta (Paris 20e), avec un an de retard en raison des confinements successifs, Caroline Marcilhac, qui le dirige avec persévérance depuis janvier 2014, reprécise les ambitions du lieu et son importance dans le paysage théâtral d’aujourd’hui.

Caroline Marcilhac, directrice depuis 2014 de Théâtre Ouvert.

Quel est votre état d’esprit avant l’inauguration prévue ce soir, mercredi 15 septembre ?

C’est l’excitation des retrouvailles ! Mais nous ne sommes pas restés sans rien faire pendant les travaux… Nous avions trouvé abri à la MJC des hauts de Belleville, tout en menant de nombreuses résidences à la MC93 de Bobigny, à Lilas en Scène, au Théâtre de la Tempête, au T2G de Gennevilliers, au Théâtre des Quartiers d’Ivry, et même à la scène nationale de Mulhouse où nous avons accompagné des projets qui ont trouvé une première issue en vidéo (Comme la mer, mon amourd’Abdellah Taïa et Boutaïna El Fekkak, par exemple). Dès février dernier, un proscenium monté devant le grand plateau nous avait aussi permis d’accueillir les écoles supérieures de théâtre dont nous sommes partenaires (l’École du Nord à Lille, l’ESTBA à Bordeaux, l’ESAD à Paris, celle du TNB à Rennes, comme le master Mise en scène et dramaturgie de l’université Paris Ouest-Nanterre). Les étudiants ont pu y présenter leur travail aux professionnels dès le printemps. Ils ont ainsi élargi leurs financements. L’un de ces projets a été retenu pour le prochain Festival Impatience, en décembre prochain.

“On pourra s’inscrire dans le projet du Grand Paris, tout en restant fidèles à notre vocation nationale.”

Avez-vous augmenté vos espaces de travail et d’accueil du public ?

L’architecte Karine Petit (atelier Du cœur à l’ouvrage), choisie, avant que je n’arrive, par l’État, propriétaire des murs, n’avait jamais rénové de théâtre auparavant. Elle s’est révélée très à l’écoute de nos usages. Les deux salles (260 et 95 sièges) ont chacune un plateau plus grand qu’à la cité Véron. Et l’on dispose maintenant de deux studios de répétition parfaitement isolés phoniquement (1). Les équipes soutenues depuis leurs débuts, comme celle de Baptiste Amann – qui inaugure le théâtre ce soir –, peuvent y déployer leurs œuvres dans de bonnes conditions. Et tout le monde peut travailler en même temps sans se gêner.

Vous réclamiez 2 000 mètres carrés pour développer vos missions quand vous étiez menacés d’expulsion du 18e et nous n’en avez, avenue Gambetta, « que » 1 500…

Avant la décision de déménagement dans le 20e, on envisageait aussi comme solution la construction d’un nouveau lieu. Mais ici, dans ces 1 500 mètres carrés en plein Paris, on est parfaitement bien ! Le 20e arrondissement, proche des Lilas, de Bagnolet et de Romainville, s’avère une base plus fructueuse pour nos missions que notre ancien quartier de Pigalle, engorgé par le tourisme international et de plus en plus « gentrifié ». On pourra s’y inscrire dans le projet du Grand Paris, tout en restant fidèles à notre vocation nationale.

“Les auteurs et autrices d’aujourd’hui recherchent beaucoup moins la solitude que leurs prédécesseurs.”

Comment va y évoluer le rôle de Théâtre Ouvert ?

Notre mission principale ne change pas : au rythme de cinq cents textes lus par an, il s’agit de renouveler l’écriture du théâtre contemporain et de rendre visible la nouvelle génération d’auteurs et d’autrices dans toute sa diversité. On accompagne sa progression jusqu’à la création et la rencontre avec le public, sans oublier l’édition grâce à notre collection Tapuscrit | Théâtre Ouvert. Car être édité n’est pas anodin pour un nouvel auteur. Baptiste Amann, à ses débuts, ne pensait pas à la publication, par exemple. Or c’est à elle qu’il doit le prix Bernard-Marie Koltès à Strasbourg, d’être mis en scène par d’autres, ou encore d’être choisi pour leur concours par des comédiens candidats aux écoles de théâtre. Ainsi les nouveaux dramaturges irriguent-ils naturellement le monde des jeunes vocations… Par ailleurs, être ancré dans le 20e arrondissement compte d’autant plus pour ce centre dramatique national dédié à l’écriture que les auteurs et autrices d’aujourd’hui recherchent beaucoup moins la solitude que leurs prédécesseurs. Ils souhaitent au contraire être en contact et s’immerger dans des formes d’altérité. Or ce large territoire autour de Théâtre Ouvert s’avère riche de toutes les couches de la société. Il est nourrissant.

La francophonie est-elle la grande perdante de votre arrivée ici, puisque l’ultime projet théâtral du site y était consacré ?

Comme les Attoun, couple fondateur, j’ai toujours raisonné en termes d’auteurs et d’autrices « d’expression française » et non pas en termes d’auteurs français au sens strict… Il n’y a qu’à voir notre programme des années passées : le continent africain comme les territoires ultramarins y sont largement représentés. Prendre part au prix Théâtre RFI permet aussi de nous alimenter sans cesse. Le festival du Jamais Lu, né il y a vingt ans à Montréal et dont nous sommes partenaires, vient de s’ouvrir à la Martinique. Avec Les Zébrures d’automne, le festival des francophonies de Limoges, nous avons deux projets en commun cette saison (2). Toutes ces connexions sont d’autant plus nécessaires que les artistes venant d’ailleurs ouvrent l’horizon en nous apportant de nouveaux récits.

– Emmanuelle Bouchez

 

 

(1) Coût des travaux financés par le ministère de la Culture : 1,4 million d’euros environ, 75 % dévolus à la mise aux normes (sécurité, électricité, accessibilité des personnes à mobilité réduite) et à la réfection structurelle du bâtiment, 25 % pour les aménagements et la création de la petite salle. La Ville de Paris a subventionné l’équipement scénique de la petite salle à hauteur de 30 000 euros.

(2) Ce silence entre nous, de Mihaela Michailov, mis en scène par Matthieu Roy (création à Limoges les 23 et 24 septembre, programmé à Théâtre Ouvert du 1er au 12 décembre prochain). La mer est ma nation, de Hala Moughanie, mise en scène par Imad Assaf.

 

Article Télérama, à lire ici.

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Théâtre Ouvert

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Règlement par carte bancaire, en espèces ou par chèque à l’ordre de RATO Diffusion

*Bénéficient du tarif réduit de 10€ : Habitant.e.s du 20 – 19 – 18ème, Les Lilas, Bagnolet ; moins de 30 ans ; intermittent.e.s ; demandeurs d’emploi ; groupe (à partir de 6 pers.) ; seniors (+65 ans) ; bénéficiaires du RSA

« Une maison en partage » Entretien avec Caroline Marcilhac

Théâtre Ouvert

Les Trois Coups  

Théâtre Ouvert fête les 50 ans de sa création. L’occasion d’inaugurer officiellement son nouveau site dans le quartier du haut Gambetta et de rappeler les missions de ce centre national des dramaturgies contemporaines. Rencontre avec sa directrice, Caroline Marcilhac

Vous êtes à la tête de Théâtre Ouvert depuis 2014. Quel a été votre parcours ?

Jusqu’en 2013, j’ai été codirectrice du festival Actoral, aux côtés d’Hubert Colas, son fondateur, avec qui j’ai aussi créé Montévidéo, toujours à Marseille. Auparavant, j’ai été directrice de production du Festival d’Avignon pendant 11 ans. J’y ai porté les créations d’artistes tels que Stanislas Nordey et Falk Richter, Jean-François Sivadier et Valérie Dréville ou encore Christophe Honoré. J’ai toujours été passionnée par les écritures contemporaines dans tous les champs artistiques.

« De Montmartre à Gambetta »

Votre projet a été retenu car vous souhaitiez conduire les évolutions de Théâtre Ouvert dans le respect de son histoire et de ses équipes. Cette année, vous célébrez justement « la jeunesse de ses 50 ans », dites-vous.

Micheline et Lucien Attoun ont contribué au renouvellement des dramaturgies contemporaines. En 1971, à l’invitation de Jean Vilar, ils transformaient la Chapelle des Pénitents blancs à Avignon en un lieu d’accueil des auteurs, offrant ainsi au public la possibilité de découvrir leurs textes mis en espace. Ils posaient les bases d’un dispositif, poursuivi Cité Véron à Paris, dès 1981. Entre le jardin d’hiver et la fameuse coupole d’or qui surplombait une piste de danse transformée en salle de spectacle, ils ont fait connaître Bernard-Marie Koltès, Jean-Luc Lagarce, Philippe Minyana, Noëlle Renaude, Michel Vinaver, Laurent Gaudé et tant d’autres. Cinquante ans plus tard, cet engagement conserve toute sa pertinence.

Malgré l’intérêt croissant des théâtres et la création de prix (Grand Prix de Littérature dramatique, le festival Impatience…), la promotion et le développement des écritures contemporaines restent-ils d’actualité ?

Plus que jamais ! Écrire et expérimenter le répertoire théâtral d’aujourd’hui est un chantier permanent. Nous travaillons d’ailleurs en partenariat avec certaines structures : Artcena, la SACDLa Chartreuse de Villeneuve Lez Avignon, centre national des écritures du spectacle…

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©Christophe Raynaud de Lage

Nous poursuivons toujours un double objectif : d’une part, être dans la recherche et le développement de nouveaux textes et donner à voir leur dramaturgie, avant même qu’ils ne deviennent des spectacles et, d’autre part, programmer des créations abouties. La mise en œuvre de ces missions repose sur l’articulation entre un travail souterrain et une présentation publique.

Toutefois, l’époque a changé et nous adaptons nos outils – dont ce lieu fait évidemment partie – à différents modes d’écriture, à la création d’un répertoire. Des auteurs / autrices éprouvent le besoin d’être en prise avec le réel, de s’en imprégner plus fortement et de nouer des liens avec les populations. Pour favoriser cet ancrage territorial, les espaces du hall sont ouverts en journée aux habitants. C’est une maison en partage.

Ce nouveau lieu ouvre donc une nouvelle page d’histoire ?

Ce lieu est aussi riche de son passé. Guy Rétoré l’a investi pour y créer le Théâtre de l’Est Parisien. Le Tarmac y a ensuite fait rayonner la francophonie. Suite à un appel d’offre, l’État nous a attribué la jouissance du bâtiment qui nécessitait d’importants travaux, notamment en matière de sécurité et d’accessibilité. Le gros œuvre a été assuré par l’OPPIC (opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture), tandis que Théâtre Ouvert a assuré la maîtrise d’ouvrage concernant les aménagements liés à nos activités spécifiques.

« Théâtre d’essais et de création »

Une belle opportunité pour repenser l’organisation et la structure artistique du lieu. En fait, l’architecte Karine Petit a réinventé le lieu. Le foyer a été totalement modifié pour inciter les gens à venir s’y détendre, lire, travailler ou rencontrer des amis. Nous n’avions pas pignon sur rue à la Cité Véron. Ici, nous avons une vie de quartier très riche. Nous sommes implantés entre un collège et un Ephad : tout un symbole ! Et nous tenons à la qualité de l’accueil. Ce doit être un lieu vivant.

La grande scène (modulable jusqu’à 260 places) permet d’accompagner certains projets, qui faute de place suffisante, ne pouvaient être accueillis auparavant. Déjà modernisée, elle n’a quasiment pas été modifiée. En revanche, la petite scène (frontale, 95 places) a fait l’objet d’une réhabilitation. Clin d’œil : le gradin a été installé avec les banquettes de la Cité Véron ! Enfin, deux studios de travail réservés aux artistes ont été créés de toutes pièces.

Ce merveilleux outil permet de déployer nos missions : repérage, accompagnement et soutien, promotion et partage. Aujourd’hui, tout s’accélère, nous devons aussi raccourcir le temps entre la gestation d’une pièce et sa création sur scène. Par exemple, nous avons contribué à découvrir Baptiste Amann dès 2015. Depuis, il a construit son épopée, Des Territoires-Trilogie (7 heures), une grande fresque en forme de tragédie contemporaine, tant familiale qu’historique, où se superposent petite et grande histoire, drame intime et catastrophe collective. Après avoir été programmé dans le cadre du festival d’Avignon, cet événement ouvre notre saison, du 15 au 25 septembre.

Des-territoires-Trilogie-Baptiste-Amann © Christophe-Raynaud-de-Lage-Festival-Avignon

« Des territoires-Trilogie », de Baptiste Amann © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

Théâtre Ouvert est donc un lieu de programmation et de fabrique ?

Cette maison est non seulement dédiée aux auteurs / autrices, mais est habitée par eux tous. Le Théâtre est un lieu foisonnant et palpitant où s’écrit et s’expérimente un répertoire théâtral d’aujourd’hui, à la table et sur le plateau, à travers l’École Pratique des Auteurs de Théâtre (ÉPAT), les accueils studio et autres résidences, l’accompagnement dramaturgique de textes en devenir, l’édition, des chantiers ouverts. Montrer les auteurs / autrices au travail, dévoiler les processus de création fait partie de notre ADN. On fait des essais, des tentatives, car une dramaturgie doit s’éprouver au plateau.

C’est-à-dire ?

Nous devons contribuer au passage des textes sur scène par l’association active des publics. Des présentations publiques sont proposées à différentes étapes de la création. Outre des praticiens, nous mettons aussi des auteurs en lien avec des réseaux de production et de diffusion. Par exemple, Baptiste Amman, Nicolas Doutey, Simon Diard, Charlotte Lagrange, quatre auteurs que nous avons repérés, ont été à l’affiche du Festival d’Avignon. Nous renforçons des liens francophones, grâce au festival transatlantique Jamais Lu qui permet à des metteurs en scène québécois de porter un regard sur nos auteurs / autrices et vice versa.

Dans un contexte où s’épanouissent les collectifs, vous défendez un projet caractérisé par l’accompagnement des parcours individuels des auteurs / autrices. Pourquoi ?

L’écriture de plateau, les pensées collectives sont effectivement une tendance de fond, qui correspond tout à fait à notre époque marquée par des crises sans précédent qui suscitent, sans doute, des besoins de rassemblement. Des auteurs émergent aussi individuellement. Avec près de 500 manuscrits reçus chaque année, nous répondons à leurs attentes pour les aider sur le chemin souvent difficile qui mène de l’écriture d’un texte à sa création. La solitude peut peser pour certains auteurs.

Nous accompagnons 40 à 50 auteurs / autrices par an, en prodiguant des conseils dramaturgiques personnalisés, en jouant les intermédiaires. Nous faisons de la promotion, notamment via le dispositif ÉPAT initié et des collaborations avec les écoles supérieures d’art dramatique (le CNSADl’École du Nord, l’ESADl’École supérieure de Bordeaux Aquitaine, le Studio d’Asnières ESCAl’Université de Paris Ouestl’école du TNB de Rennes) afin que les élèves-comédiens découvrent des auteurs / autrices vivants, ou pour que des œuvres actuelles soient au programme des concours. Nous œuvrons auprès des nouvelles générations pour leur donner le goût de l’écriture, favoriser l’éclosion de jeunes pousses.

« Un répertoire théâtral en résonance avec son temps »

Nous accompagnons donc des auteurs individuellement, mais mettons aussi en commun des processus de création. Ainsi, du 21 au 29 août, dix auteurs ont-ils déjà habité le 159 pour un chantier théâtral bien vivant et très joyeux, avec des textes inédits mis en voix gratuitement pour les publics. Dix pièces courtes issues d’une commande spéciale à Sidney Ali Mehelleb, Françoise Dô, Nicolas Doutey, Julien Gaillard, Lancelot Hamelin, Pauline Haudepin, Haïla Hessou, Charlotte Lagrange, Marilyn Mattei et Grégoire Vauquois.

Nous avons demandé à chacun de choisir un événement qui s’est passé au cours des 50 dernières années, un événement public, privé, intime, politique, sociétal, historique qui l’a marqué, afin de le mettre en écho avec le temps présent. Leurs textes ont résonné dans tous les espaces, accompagnés des comédiens Charlotte Clamens, Daniel Delabesse et Judith Henry. Après une semaine de travail, ce fut un week-end marathon prolifique avec des échanges constructifs et une réelle adhésion du public.

De quoi sommes-nous faits ?

Préservez-vous l’activité éditoriale ?

Absolument ! L’émergence de nouveaux auteurs / autrices et l’épanouissement de leur écriture passent aussi par la publication de textes. C’est indispensable à la constitution d’un nouveau répertoire (découvrir le catalogue édition Tapuscrit | Théâtre Ouvert). D’ailleurs, de nouvelles thématiques sont traitées, parmi lesquelles la ruralité, le post-colonianisme, les questions d’identité ou de genre. Les nouvelles générations se saisissent en effet de l’actualité brûlante, donnent à voir d’autres réalités, la diversité, les minorités, la marge. Ils font entendre les voix du monde.

Ainsi, pour les prochains spectacles, Sidney Alli Mehelleb / DEUG DOEN GROUP nous adresse-t-il un cri de révolte. Né d’une volonté de résilience, de joie et de révolution, Soldat.e Inconnu.e   part de ce moment incompréhensible qu’a été la nuit du 13 novembre 2015, convoquant au plateau notre besoin immense de consolation depuis ces attentats du Bataclan. Aurélie Van Den Daele, la nouvelle directrice du Théâtre de l’Union, CDN du Limousin, en assurera la mise en scène du 4 au 17 octobre. Guillaume Cayet, quant à lui, traite de la colère née de l’humiliation, dans Grès (Tentative de sédimentation), du 16 au 20 novembre.

« Soldat.E Inconnu.E », de Sydney Alli Mehelleb / Deug Doen Group © Marjolaine-Moulin

Quels sont vos critères de sélection ?

Une écriture singulière motivée par une urgence de dire, une nécessité. Une démarche spécifique. Une coloration particulière. Du sens. Nous soutenons des artistes qui, par leur regard poétique, nous touchent et nous déplacent, nous aidant à forger et légitimer de nouvelles représentations du monde, à entendre les mots de ceux qui n’ont pas voix au chapitre, à ouvrir des horizons sensibles. Nous portons attention à ceux qui sont éloignés des centres de décision. Par exemple, je suis membre du Jury   Prix RFI Théâtre.

Que réserve l’inauguration ?

Cette soirée festive sera l’occasion de découvrir le lieu réhabilité. Après le succès rencontré au Festival d’Avignon, nous présentons la première francilienne de Des territoires-Trilogie. L’occasion de lancer la nouvelle saison, riche de découvertes, rencontres, temps forts, projets participatifs. 

 

Propos recueillis par
Léna Martinelli

Caroline Marcilhac@Christophe Raynaud de Lage

Le théâtre en travaux

Théâtre Ouvert

 

Né à Avignon, il y a 50 ans, longtemps installé dans le 18e arrondissement de Paris, Théâtre Ouvert écrit, en emménageant dans le 20e arrondissement, une nouvelle page de son engagement pour l’émergence d’un répertoire théâtral en résonance avec son temps. 

L’histoire de Théâtre Ouvert sans cesse renouvelée est celle des autrices et des auteurs du théâtre d’aujourd’hui que son équipe accompagne sur les chemins de la création : de l’écriture à la scène, ici et ailleurs, en complicité avec les publics.

Le nouvel outil de Théâtre Ouvert au 159 avenue Gambetta, Paris 20e (crémaillère publique prévue au printemps 2021), offre à ces artistes des récits nouveaux, un grand plateau de création, une maison en partage.

 


Photos Christophe Raynaud de Lage

À LIRE :

Pour ses 50 ans, Théâtre Ouvert s’offre une nouvelle jeunesse / Sceneweb

Théâtre Ouvert, chantier en cours  / L’Oeil d’Olivier

Le beau chantier de Théâtre Ouvert / Toute la culture

Théâtre Ouvert, bientôt au 159 avenue Gambetta / Théâtre du blog

 

 

 

Plan Vigipirate

Théâtre Ouvert

Nous vous informons que dans le cadre du plan vigipirate, nous prenons toutes les mesures pour assurer la sécurité des spectateurs.

Aucun objet encombrant, sac de grande contenance ou valise ne pourra être admis dans l’enceinte du théâtre.

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